TENDUA - Association pour la sauvegarde de la biodiversité

Newsletter n°6

Chers Adhérents et Amis,

Pour cette édition de novembre 2011, nous parlerons de la forêt. Un rapport d’évaluation commandé par l’ONU vient d’être publié. Quant à l’Office National des Forêts, il se doit désormais de vendre plus de bois afin d’être « rentable », et le WWF sonne l’alerte pour la forêt de Nouvelle Calédonie dont l’écosystème terrestre tropical est le plus menacé de la planète, selon l’ONG.
Les actualités internationales nous emmèneront en Russie où la menace des promoteurs pèse sur l’institut Vavilov dont les collections uniques au monde abritent plus de 320 000 espèces végétales. En Grande-Bretagne, les phoques sont victimes du bruit généré par les activités humaines. Quant à la Chine, après le barrage des 3 gorges en 2006, elle décide de rempoissonner le Yandze.
Enfin, notre agenda pour nous rappeler l’action de Shark Alliance et la décision toute récente du groupe hôtelier Peninsula, et notre carnet rose pour terminer.

Bonne Lecture !

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DOSSIER

2011 : Année internationale de la Forêt, quelques chiffres

D’après les résultats de l’évaluation des ressources forestières mondiales 2010 par l’ONU, la plus complète réalisée à ce jour, les forêts du monde représentent un peu plus de 4 milliards d’ha, soit 31% de la superficie totale des terres émergées. Les 5 pays représentant plus de la moitié de la superficie forestière mondiale sont la Russie, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis d’Amérique et la Chine.
Le taux de déforestation et de perte de forêts au niveau mondial reste alarmant bien qu’étant passé de 16 millions d’hectares par an dans les années 1990 à 13 millions d’hectares sur 2000-2010.

La forêt mondiale absorbe un tiers du CO2 émis par les combustibles fossiles dans l’atmosphère, selon une étude internationale qui alerte, en parallèle, sur les conséquences dramatiques de la déforestation dans le contexte du réchauffement climatique.
Si demain on arrêtait la déforestation, les forêts existantes et celles au stade de la reconstitution absorberaient alors la moitié des émissions des combustibles fossiles, souligne Joseph Canadell (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation), co-auteur de l’étude publiée par la revue américaine Science. Les forêts de la planète absorbent 2,4 milliards de tonnes de carbone par an, selon cette première étude chiffrée de la contribution des forêts boréales, tropicales et des régions tempérées au cycle du carbone.


Forêt de Primorye, Extrême-Orient russe
Forêt de Primorye, Extrême-Orient russe
© M. Dupuis

La déforestation, elle, est responsable de l’émission de 2,9 milliards de tonnes de carbone par an, soit environ 26% du total des émissions. Les émissions des combustibles fossiles se chiffrent, elles, à plus de 8 milliards de tonnes de carbone par an.
Portant sur la période 1990 à 2007, les données ont été compilées pendant deux ans par une équipe internationale de chercheurs experts du réchauffement climatique.


Déforestation en Asie
Déforestation en Asie
© internet

L’une des leçons principales à tirer de cette étude est que les forêts ne sont pas seulement de très importants réservoirs de carbone mais elles absorbent également très activement le CO2 produit par les activités humaines, aussi les forêts prennent de plus en plus le devant de la scène dans une stratégie pour protéger notre climat, selon lui.
La seconde leçon est que les économies rendues possibles par une meilleure gestion de la forêt, en exploitant notamment les bénéfices de la réduction de la déforestation seront bien plus importantes que ce que l’on pensait.
Le patron du Global Carbon Project souligne notamment l’aspect financier dans le cadre du marché du carbone et des compensations prévues dans le mécanisme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts).
Ce mécanisme a été adopté formellement lors de la conférence de l’ONU sur le climat à Cancun (Mexique) fin 2010. Il vise à amener les pays ayant des forêts tropicales à éviter de les couper ou à les gérer de manière durable, en leur versant des compensations financières.

Pour voir le rapport cliquer ici


Un agent de l
Un agent de l’ONF procède au marquage d’un tronc d’arbre en juillet 2011 à Besse en Chandesse
© AFP - internet

Gestion des forêts en France : un contrat d’objectifs pour améliorer les finances de l’ONF

Source AFP -22/11/2011
L’Office national des forêts (ONF), gestionnaire des forêts publiques, a signé un « contrat d’objectifs et de performance » pour les cinq ans à venir avec l’Etat et les communes forestières qui vise un retour à l’équilibre d’ici 2016 des finances de l’établissement public.
Parmi les principales mesures, ce contrat, qui a été présenté mercredi 24/11/11 lors du 94è congrès des maires entérine comme prévu une baisse des effectifs de l’ONF, à hauteur de 7%, soit 700 personnes sur les 9.000 que compte l’ONF.
Un sujet sensible dans cet établissement, créé en 1964, qui a déjà encaissé une chute de 20% de ses personnels en 15 ans et a fait face à une vague de suicides, six depuis juin dernier. L’ONF gère un quart des forêts françaises (4,7 millions d’hectares), soit 15% des forêts appartenant aux communes (2,9 M ha) et 10% appartenant à l’Etat, propriétaire de forêts domaniales (1,8 M ha).
Vous pouvez lire la suite sur :
http://www.france24.com/fr/20111123...


Disparition de la forêt sèche en Nouvelle-Calédonie

Source : JDLE du 16/09/11
La superficie de la forêt sèche de Nouvelle-Calédonie est passée de 4.500 kilomètres carrés à l’origine, à 45 km2 aujourd’hui. Le WWF tire la sonnette d’alarme dans un communiqué du 14/09/2011.

La forêt sèche ou « sclérophylle » (« aux feuilles coriaces ») développe dans un climat sec (moins de 1.100 mm de pluie par an), et qui est soumise aux alizés desséchants et à une saison sèche pendant 6 mois de l’année. « Les forêts sèches se situent sur la côte Ouest de la Nouvelle-Calédonie et s’étendent du littoral jusqu’à 300 ou 400 mètres d’altitude, très souvent sur roches sédimentaires et plus rarement sur roches basaltiques », précise le Programme de conservation de la forêt sèche.

Selon le WWF, il s’agit de l’écosystème terrestre tropical le plus menacé de la planète à cause de l’urbanisation, de l’élevage, de l’agriculture, des feux de brousse et de l’introduction d’espèces envahissantes. Elles abritent pourtant 450 espèces végétales, dont près de 6 sur 10 n’existent nulle part ailleurs dans le monde, ainsi qu’une faune très diversifiée d’insectes (33 espèces de papillons), de mollusques, de reptiles et d’oiseaux.

Depuis 2001, plusieurs chantiers de restauration et de reforestation ont été lancés avec la participation des populations locales. L’objectif est de restaurer « près de 50 hectares de forêt sèche et empêcher la formation de cimetières d’arbres en protégeant des parcelles existantes et prioritaires avec les propriétaires privés, en restaurant des parcelles endommagées, en éliminant les espèces envahissantes et en replantant des espèces endémiques ». L’action se poursuivra en 2012, indique l’ONG.

Un arbre met des décennies à être reconnu comme tel ; ne les coupons pas pour notre confort…

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ACTUALITES INTERNATIONALES

Russie : dernières nouvelles de l’Institut Vavilov

Sources : JDLE du 14/09/2011 et RSE du 15/01/2009
Il y a près d’un siècle, Nikolaï I. Vavilov, scientifique russe, a envisagé un risque de catastrophe qui priverait l’humanité de la biodiversité naturelle. Botaniste, agronome et généticien, sa vie a été consacrée à l’étude de la diversité végétale et à la collection de graines de plantes cultivées et sauvages du monde entier. Une activité qu’il a développée à l’Institut russe d’horticulture dont il a été le directeur de 1921 à 1940.


Nikolaï Vavilov en 1932
Nikolaï Vavilov en 1932
© internet

Aujourd’hui, la Banque de semences de l’Institut Vavilov est classée 4e mondiale, après celles des Etats-Unis, de Chine et d’Inde. Elle abrite les graines et semences de 322.000 espèces végétales, dont 43.000 légumes et 5.000 baies. Pour les connaisseurs, 90% des collections de cette « banque » ne se trouvent dans aucun autre établissement comparable.
A titre de comparaison, les catalogues officiels de semences autorisées à la commercialisation en Russie et en France contiennent environ 7.000 variétés chacun et le catalogue européen environ 35.000.
Selon le fonctionnement établi par N.Vavilov il y a 80 ans, chaque acquisition est étudiée pendant trois ans avant d’être introduite dans la collection.
L’Institut possède en outre un magnifique herbier de 260.000 spécimens, inscrit dans le patrimoine de l’Unesco. Certaines graines, surtout celles des légumes, nécessitent un renouvellement régulier. Elles doivent être plantées et ensuite récoltées pour de nouveau pouvoir être conservées pendant quelques années. A cette fin, l’Institut possède de grandes surfaces de terre à la périphérie de Saint-Pétersbourg et dans ses 12 stations expérimentales réparties sur le territoire de la Fédération russe.
Toute cette organisation demande en effet de grands moyens pour bien fonctionner. Et, pour obtenir ces subventions de la part des institutions publiques, il faut tout de même que l’Institut Vavilov puisse démontrer que la richesse contenue dans sa Banque de semences n’est pas un simple patrimoine passif, qu’elle a un rôle concret à jouer dans la Russie d’aujourd’hui.

Hélas, l’institut de recherche agronomique gêne. Son jardin conservatoire a le grave inconvénient d’être installé à Pavlovsk. Situé à quelques kilomètres de Saint-Pétersbourg, ce bourg, où Pierre Ier a construit un merveilleux palais, est devenu une banlieue très en vogue, où il fait bon avoir sa maison ou sa datcha.

A la fin de l’hiver 2009, la Fondation pour le développement de l’habitat russe (RZHS selon l’acronyme russe), propriétaire du terrain, demande à la justice de déloger, légalement, le conservatoire pour laisser la place à de beaux lotissements, réservés aux salariés de l’Académie des sciences. Fin juillet, les magistrats de la 9e cour d’appel donnent raison au promoteur, en ordonnant la destruction d’un des plus importants vergers conservatoires du monde (s’étendant sur 90 hectares), géré par l’Institut Vavilov. Magnanimes, ils laissent trois mois à l’institution pour trouver un asile à ses collections et ses milliers d’arbres et d’arbustes...

L’affaire a fait du bruit. A l’initiative du Global Crop Diversity Trust américain, une pétition internationale adressée à M. Medvedev a circulé. La presse internationale s’est emparée de l’affaire. Et, signe des temps, le président russe, Dmitry Medvedev, a indiqué, sur son compte twitter, son intérêt pour la question.

Dans un courrier adressé aux autorités russes, les responsables du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) estiment que les collections de la station expérimentale de Pavlovsk « sont sans égales dans le monde » et doivent être protégées. Les avocats de l’institut intentent un ultime recours devant la Haute cour d’arbitrage.

La bataille juridique se poursuit. A la demande du président Medvedev, on essaie de préserver les intérêts des deux parties. En essayant de lotir des portions « peu importantes » du conservatoire sans toucher aux collections essentielles. Les inspections d’experts succèdent aux audits de savants. Le but de la RZHS étant de faire classer en friche les 70 ha du terrain numéro deux (les deux tiers de la surface du verger), ce qui les rendraient constructibles.

En juin 2011, la 4e inspection en moins de 10 mois, a conclu qu’une partie des collections (les herbacées) était transférable. Il serait également possible « mais difficile » de transférer les arbres et les arbustes. Ces projets sont contestés par les dirigeants de l’Institut Vavilov. Pour les chercheurs, le transfert de collections, d’arbres a fortiori, est effectivement possible, mais techniquement difficile et financièrement exorbitant. Les scientifiques jugent aussi totalement farfelue l’idée selon laquelle on pourrait faire cohabiter un quartier avec ses servitudes (routes, réseaux d’énergie ou d’eau, etc.) et ses nuisances (émissions de polluants, rejets d’eaux grises) avec un jardin botanique de réputation mondiale.

La balle est désormais dans le camp du Kremlin qui, à 6 mois des élections présidentielles, a peut-être d’autres priorités plus court terme…


Grande-Bretagne : les humains trop bruyants sous l’eau aussi

Depuis novembre 2009, un grand nombre de phoques (90 carcasses atrocement mutilées) ont été rejetés sur le rivage britannique, portant de terribles lésions en « tire-bouchon », comme s
Depuis novembre 2009, un grand nombre de phoques (90 carcasses atrocement mutilées) ont été rejetés sur le rivage britannique, portant de terribles lésions en « tire-bouchon », comme s’ils étaient passés à travers un taille-crayon géant.
© Universal news and sport Scotland - internet

Des scientifiques de l’unité de recherche sur les mammifères marins de l’université écossaise de St Andrews suspectent le fait que la femelle phoque soit attirée par le bourdonnement des hélices de bateau, lesquels produisent des sons à basses fréquences qui imitent le cri du mâle en période d’accouplement. Les tests acoustiques réalisés par les chercheurs écossais ont confirmé l’hypothèse de la méprise : croyant rejoindre un congénère, les pinnipèdes femelles se font, en fait, aspirer par les hélices des bateaux.
« Nous avons observé qu’en été les décès ne concernent presque exclusivement que les femelles, pendant donc la période de reproduction, et en hiver les plus jeunes des phoques gris », souligne David Thompson, responsable de ce programme, qui recherche maintenant le type d’hélice provoquant les blessures les plus graves.


Lieux où ont été retrouvées les carcasses
Lieux où ont été retrouvées les carcasses
© internet

L’inspecteur Mike Brown, qui dirige l’enquête policière dans le Norfolk, a indiqué :
« Les phoques ont subi de terribles blessures dont nous pensons qu’elles sont la cause probable de leur mort et il n’y a aucun indice qu’elles soient dues à une maladie ou à un quelconque type de prédateur. Nous travaillons étroitement avec les conducteurs de bateaux-remorqueurs et les pêcheurs du coin mais nous aimerions entendre quiconque aurait des informations au sujet de ces évènements. »


© internet

Les activités humaines en haute mer (notamment de loisirs, pêcheurs, production énergétique, militaires …) ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies et leur impact sonore accroit les niveaux de bruit de l’océan. Cette pollution sonore générée par les activités humaines peut affecter la santé et le comportement des animaux marins.
A signaler aussi, qu’Outre-Rhin depuis le 13 août 2011, des constructeurs et exploitants de parcs éoliens offshore testent 5 différentes méthodes pour réduire le bruit lors de la construction et de l’exploitation de parcs éoliens. Les industriels allemands ont la volonté de réduire les bruits durant l’installation et l’exploitation des parcs éoliens marins et cela alors que l’Allemagne est le seul pays européen ayant construit des éoliennes offshore sans avoir installé des bouées sonar pour maintenir les mammifères à distance.


La Chine rempoissone le Yantze [1]

Source : JDLE du 15/07/2011
Pour tenter de reconstituer l’écologie du Yantze (le fleuve bleu) dont la faune et la flore ont beaucoup souffert ces dernières années (on rappellera l’extinction du dauphin du Yantze en 2006), le ministère chinois de l’agriculture a fait procéder à de nombreuses opérations de rempoissonnement dans les régions du Jiangxi, de l’Hubei, du Hunan, de l’Anhui et du Jiangsu, indique la presse chinoise.

Selon Xinhua, ce sont plus de 1,3 milliard de poissons et d’alevins qui ont ainsi été relâchés ces derniers jours. Sans réelle surprise, les espèces les plus choyées ont été les cyprinidés (la plus grande famille de poissons d’eau douce), parmi lesquels la carpe noire (Mylopharyngodon piceus), la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idell) et la carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis).

Parallèlement, des plantes aquatiques ont été plantées sur 9.000 hectares de berges. Enfin, ont été également mis à l’eau 21 millions de coquillages et mollusques.

Rappelons que le 6 juin 2006, le gigantesque barrage des Trois-Gorges, situé sur le cours du Yangtsé , dans le centre de la Chine, est entré en service. Avec 2,3 km de longueur et 185 m de hauteur, l’ouvrage régule désormais les eaux du troisième fleuve du monde, long de 6 300 km, et dont le débit estimé est de 22 000 m3 par seconde. La zone menacée par la retenue était le biotope de 6 400 espèces végétales, 3 500 espèces d’insectes, dont plus de 600 papillons, 500 vertébrés terrestres dont une centaine de mammifères, et 350 espèces de poissons. Une grande partie de ces espèces animales et végétales étaient endémiques, c’est-à-dire qu’elles ne vivaient que dans cette région.

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AGENDA

TENDUA et Shark Alliance : pétition 2011

En octobre 2011, TENDUA a rejoint SHARK ALLIANCE, coalition internationale de plus de 100 organisations concernées par les océans, active dans les domaines de la protection, de la science et des loisirs. Elle donne aujourd’hui le coup d’envoi de la cinquième Semaine européenne pour les requins en appelant les ministres de la Pêche de l’Union européenne à protéger les requins de la surexploitation et du finning.
Signez la pétition jusqu’au 8 janvier 2012 sur :
http://www.sharkalliance.org/conten...

Victoire pour les requins !

Le 21 novembre 2011, le groupe hôtelier asiatique PENINSULA a décidé de ne plus servir de soupe aux ailerons de requins dans 9 de ses établissements à Pékin, Hong-Kong, Shanghai, Bangkok, Manille, Tokyo, New-York, Chicago, et Beverly Hills, et ce, à partir de janvier 2012.

CARNET ROSE

Voici quelques images d’un jeune caracal finissant son repas de francolin :


Caracal finissant son déjeuner - Kenya
Caracal finissant son déjeuner - Kenya
© M. Dupuis

il reste une plume...
il reste une plume...
© M. Dupuis

Merci de votre attention et à bientôt.

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Portfolio

  • miam...

[1Autre transcription française (diminutif de Yang-tseu-Kiang). Egalement possible : Chang Jiang (le Long Fleuve).

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