TENDUA - Association pour la sauvegarde de la biodiversité

Newsletter N°9

Chers Adhérents et Amis,

Le sol, partie de notre biosphère, a longtemps été considéré comme un milieu inerte. Depuis un siècle, l’homme a multiplié les maltraitances à son égard. La destruction de notre environnement est l’une des conséquences de la destruction des sols. Or, c’est de ce milieu plein de vie que nous dépendons totalement.
Nous vous invitons à découvrir la faune qui le compose et le modèle durable de la nature. Quant à notre agriculture, un bref état des lieux nous fait comprendre qu’elle devra changer mais comment ? Et surtout, quand ?...
Nous partirons ensuite vers l’Égypte : une femelle dugong a été découverte morte en novembre dernier. En France, c’est la chasse au loup qui est de nouveau autorisée pour des raisons politiques.
Malgré tout, quelques victoires : la prospection minière recule au Kirghizistan pour le bénéfice de la panthère des neiges dont le territoire a été agrandi. En Australie, Areva n’a pas réussi à obtenir un gisement situé dans le parc national de Kakadu, malgré des manœuvres pour le moins discutables…
Enfin quelques dates dans notre agenda et pour notre carnet rose, une jeune hyène tachetée. Cet animal fascinant souffre encore de la mauvaise réputation tricotée par les hommes…

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DOSSIERS

Biosphère, agriculture et destruction des sols

Qu’est-ce que la biosphère ? La biosphère désigne à la fois un espace vivant et le processus dynamique de la planète Terre, depuis sa création il y environ 4 milliards d’années. Ce processus est évolutif et correspond à l’entretien et à la complexification de la vie sur Terre. La biosphère est formée de 3 milieux qui nous sont familiers à première vue : le sol, l’eau et l’air. Dans un jargon plus scientifique et plus précis donc, ces trois milieux sont la lithosphère, l’hydrosphère et une partie de l’atmosphère. On y ajoute parfois la cryosphère qui regroupe banquises, lacs et rivières gelés, glaciers et autre pergélisol. Ce sont dans ces 3 milieux que se développent les organismes vivants organisés en écosystèmes... dont nous sommes !


Lithosphère, hydrosphère et atmosphère.
Lithosphère, hydrosphère et atmosphère.
© M. Dupuis

L’atmosphère est un milieu minéral [1] composé de gaz, majoritairement d’azote à 78%. Elle protège la vie sur Terre en absorbant le rayonnement solaire ultraviolet, en réchauffant la surface par la rétention de chaleur (effet de serre) et en réduisant les écarts de température entre le jour et la nuit.
L’hydrosphère est également un milieu minéral : les liaisons atomiques qui forment les molécules H2O sont très dures. Cela signifie qu’il faudrait énormément d’énergie pour les casser. De fait, les activités humaines polluent allégrement l’eau sous toutes ses formes mais l’homme n’a pas encore réussi à la détruire…
97 % de l’eau de la planète se trouve dans les océans qui ont une profondeur moyenne de 3 800 m. On sait que, sans eau, la vie telle que nous la connaissons est impossible.
Enfin, le sol, la lithosphère, est un milieu organo-minéral, milieu complexe dont l’équilibre est très fragile car les attaches entre matières organiques [2] et matières minérales (les argiles) qui relient les atomes entre eux sont électriques. Cet équilibre fragile, qui fonctionne très bien tant que l’homme ne s’en mêle pas, est mis à mal depuis que l’homme intervient sur ce milieu.

La destruction de l’environnement

À l’heure actuelle, l’agriculture conventionnelle, ou plutôt productiviste, détruit entre 10 et 12 millions d’ha de terres agricoles chaque année, soit par érosion, soit à cause de l’irrigation qui génère une salinisation des sols ou encore par désertification.
Le désert représentait 11% de la surface des terres quand l’homme moderne a commencé l’agriculture. Aujourd’hui, les déserts représentent environ 33% des terres du globe. Nous avons détruit 1 milliard d’hectares de terres au cours du seul XXe siècle. Et nous continuons de désertifier avec conviction...


On « gagne » sur la forêt pour planter du palmier à huile ou du soja OGM.
On « gagne » sur la forêt pour planter du palmier à huile ou du soja OGM.
© M. Dupuis

De plus, nous détruisons approximativement 17 millions d’ha par an de forêts tropicales et équatoriales pour les convertir en terres agricoles et en vue d’urbanisation.

Le solde annuel est à peu près le suivant : nous détruisons 10 millions d’ha par la désertification et nous « récupérons » 17 millions d’ha par les forêts détruites ;


Plantation de sisal, terre prise sur la savane.
Plantation de sisal, terre prise sur la savane.
© M. Dupuis

on obtient donc un solde de +5 à 7 millions d’ha de nouvelles terres cultivables chaque année. En parallèle, la population augmente de quelque 80 millions de personnes tous les ans. Et n’oublions pas qu’un milliard de personnes souffre de la faim ... En clair, la surface agricole par habitant diminue.

C’est là que surenchérissent ceux qui ont détruit les sols et continuent de le faire en empochant de coquettes sommes : représentants de l’industrie chimique et autres marchands d’engrais, de pesticides et d’OGM. Selon ces « spécialistes », la seule issue face à l’augmentation de la population est « plus d’engrais, plus d’OGM », et plus de bénéfices : l’agriculture ne nourrit plus, elle fait des profits.

La destruction des sols

La production de céréales en France n’a pas augmenté depuis 1995 : elle stagne car les sols sont en train de « lâcher »… En Europe, les sols pourraient produire 150 quintaux par an mais ils ne le permettent plus : ils sont à 80 quintaux l’année. Dans les années 80, 90% de l’activité des sols en Europe ont été détruits.


Le mythe du labourage
Le mythe du labourage
© Larousse

Les 3 étapes de l’érosion des sols sont toujours les mêmes :

1) LA DEGRADATION BIOLOGIQUE des sols par excès d’engrais, de pesticides, d’irrigation, ce qui accélèrent la perte de matière organique dont se nourrit la microfaune des sols. Sans matière organique, la microfaune et la microflore disparaissent.
La France est le deuxième pays consommateur de pesticides au monde après les États-Unis. Notre consommation est quasi-équivalente à celle des États-Unis alors que notre surface cultivable est 10 fois moindre. Cela revient à dire que nous consommons 10 fois plus de pesticides à l’hectare que les États-Unis…

2) LA DEGRADATION CHIMIQUE : une des lois de la nature est la suivante : la pluie fait descendre les éléments (nitrates, phosphates, magnésium, calcium …) dans le sol et la faune les remonte. Quand la faune meure, il n’y a plus de remontée biologique des éléments par les vers de terre (faune anécique). En France, il n’y a plus que 50 kg/ha de vers de terre alors qu’il y en avait précédemment 2 tonnes à l’hectare …
C’est la phase de lixiviation du sol qui s’acidifie. Et c’est la pollution des rivières, des lacs, des nappes phréatiques par les phosphores et autres nitrates… L’acidification correspond à une perte d’éléments comme le calcium : l’humus et l’argile ne peuvent plus s’attacher.

3) LA DEGRADATION PHYSIQUE : la terre s’en va. Le calcium ne peut plus fixer le complexe argilo-chimique. On connaît le scénario en Europe désormais : dès que de fortes pluies s’abattent, toutes les rivières se transforment en eaux boueuses. Nous considérons cela comme « normal » mais il n’en est rien. Si le phénomène est désormais mondial, cela ne reflète en rien sa « normalité », mais plutôt que les sols sont « lessivés » et ne sont plus en mesure de remplir leur rôle car il n’y a plus d’activité biologique.


Impératif économique vs environnemental : réapprendre la terre

Sols malades
Il faut changer le postulat selon lequel fonctionne notre agriculture conventionnelle : le sol est un support inerte, raison pour laquelle on y met des engrais, qui rendent, comme on le sait désormais, les plantes malades et que l’on « soigne » par des pesticides, tout cela afin de produire.
Or, on sait aujourd’hui que 80% de la masse vivante se trouvent dans les sols, faisant ainsi du sol le milieu le plus vivant de la planète. Il abrite plus de 25% des espèces animales et végétales actuellement décrites.

Perte de biodiversité
Au début du XXe siècle, la France cultivait 10 espèces de blés ; aujourd’hui, seules 2 espèces sont encore cultivées : le blé dur et le blé tendre. Toutes les espèces qui ne répondaient pas aux engrais ont été éliminées. L’épeautre est une céréale qui a failli disparaître car il ne répondait pas à l’azote, mais il a été sauvé par l’agriculture biologique. De 3600 variétés de fruits cultivés en France, il en reste moins de 600 !

solutions naturelles
Au lieu de pratiquer aussi assidument cette destruction quasi-systématique de la biodiversité, pourquoi au contraire ne pas sélectionner les plantes les plus rustiques qui ne demandent que peu d’eau, n’ont pas besoin d’engrais et protègent les sols ?
On a recensé quelques 350 000 espèces de plantes. Certaines n’ont pas besoin d’eau et n’ont certainement pas besoin d’être génétiquement modifiées. C’est une autre approche de la génétique moléculaire et de l’étude des sols.

Il existe aujourd’hui des modèles agricoles non subventionnés qui fonctionnent plutôt bien, notamment en Amérique du Sud ou en Nouvelle-Zélande. Ces autres solutions ont un point commun : apprendre à respecter la terre, à observer son fonctionnement – similaire mais différent selon les régions – et à la cultiver sans la détruire. De cette manière, nous préserverons la terre et pourrons assurer les besoins en alimentation. Il s’agit d’appliquer ce que la terre fait si bien toute seule depuis des millénaires. Et de respecter les lois de la biologie du sol.

La nature a un modèle durable : étudions-le !

Les attaches électriques entre matières organiques (humus) et minérales (argiles), fragiles par nature, ont été détruites dans la plupart des sols. On constate alors que les composants du sol partent avec le vent ou l’eau : rivières boueuses, arbres déracinés sous l’action du vent car les racines ne peuvent plus descendre sous terre ...
Le premier précepte à retenir est de ne jamais laisser un sol nu, qu’il s’agisse d’un champ, d’un potager ou d’un jardin. Cela évite l’érosion et le protège de la pluie et du soleil, comme le fait la nature en forêt, ou les adventices adventices dans les champs. D’où l’intérêt d’observer et d’étudier.

Inspiration pour l’Europe : la forêt tempérée

Dicyrtoma saundersi, 60x
Dicyrtoma saundersi, 60x
faune épigée - © S. Laprevote

A l’automne, la forêt fait tomber la litière composée de rameaux, de branches mortes des arbres, de feuilles. La litière est dégradée par la faune épigée composées d’arthropodes tels que les collemboles. Ils sont environ 3 à 4 milliards par ha. Seulement 10% des espèces sont connus. Elles vivent dans les premiers centimètres des sols, à l’abri de la lumière directe, jusqu’à environ 20-30 cm de profondeur. Leur travail : attaquer les parties tendres de la litière, comme les feuilles.


Sminthurides violacea, x60
Sminthurides violacea, x60
faune épigée - © S. Laprevote

On les appelle aussi les « dentellières » du sol car seules les nervures demeurent après leur passage…

Interviennent ensuite les acariens qui attaquent les parties les plus dures, telles que les nervures des feuilles et des bouts de bois. C’est une population très variée de 3 à 4 milliards d’animaux/ha. Puis c’est le tour des cloportes qui mangent le bois, les tiges de colza ou les trognons de maïs et celui des pseudo-scorpions et des araignées.


Le ver de terre : 13 familles, plus de 7000 espèces, la biomasse la plus importante sur Terre.
Le ver de terre : 13 familles, plus de 7000 espèces, la biomasse la plus importante sur Terre.
© source dsne.chez-alice.fr

Plus en profondeur, à 80cm-1m environ, près de la roche-mère, la faune endogée, encore très mal connue, composée d’animaux aveugles, se nourrit des racines mortes des arbres. A l’inverse de la faune épigée, quand la faune endogée est détruite dans un sol, on ne sait pas la reconstituer…

Entre les deux, la faune anécique fabrique le complexe argilo-humique en mélangeant les argiles qui viennent de la roche et l’humus qui vient de la matière organique en surface, dégradée par la faune épigée.


© LAMS21

Bref, les vers de terre se nourrissent des excréments des acariens et autres collemboles et font le travail de mélange et d’aération de sols.
Toute cette faune permet la destruction de la litière et prépare l’arrivée des champignons qui transforment la lignine (composant du bois) en humus. Cette faune a produit des « boulettes fécales » qui ont aéré le sol : c’est la « moquette » de la forêt, le moelleux du tapis forestier constitué de ces boulettes et de 80% de vide ! Ce sol forestier a une perméabilité de 150 mm d’eau à l’heure alors qu’un limon labouré, sur lequel est intervenu le travail de l’homme, n’a plus qu’une imperméabilité de 1mm/heure, voire dans certains endroits, 1mm d’eau/24h… Pour info, les forêts équatoriales absorbent 300 000 mm d’eau à l’heure…L’humus se crée donc en surface grâce à l’intervention des champignons.

Les champignons


Champignons sur branche morte en forêt.
Champignons sur branche morte en forêt.
© M. Dupuis

Au printemps, 1 à 2% de l’humus se minéralisent (par la présence des bactéries) et donnent naissance à du phosphate, du nitrate, du sulfate … qui descendent à travers les couches du sol et sont récupérés par les racines des arbres, des plantes : c’est un système fermé.

L’arbre : le grand gestionnaire de l’eau


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L’arbre : magnifique et irremplaçable.
© M. Dupuis

L’arbre développe sur le sol forestier les champignons qui retiennent l’eau à la surface du sol et c’est grâce à eux que les sols forestiers sont toujours frais, même en plein été… Il gère aussi bien l’excédent d’eau de pluie dans la nappe phréatique. Les arbres sont capables de développer des racines très profondes : tel un chêne ayant 150 m de profondeur de racines souterraines, un orme avec 110m, un merisier 140m, un jujubier de 2 m de hauteur ayant développé 60m de racines en profondeur…
Les racines de l’arbre attaquent la roche et la dissolvent. A cette profondeur, il y a des feuilles souterraines et des racines qui meurent : elles sont « nettoyées » par la faune endogée. L’arbre remonte les éléments minéraux ainsi obtenus jusque dans son feuillage où se déroule le processus de la photosynthèse. Étant donné le rôle majeur des arbres, premiers consommateurs du CO2 que notre société produit de plus en plus, il est urgent de les protéger.

Peut-on réparer les sols ?

Des spécialistes proposent désormais des solutions pour réparer les sols, tout en se rapprochant du modèle que la nature a développé dans la région concernée. C’est encore faisable pour bien des endroits du monde, mais, comme dans la nature, cela peut prendre du temps… Cette « éco-agriculture » n’est pas un épiphénomène promu par des écologistes farfelus. L’un de ces modèles est la permaculture : travailler enfin avec la nature et non contre elle. Cela suppose une connaissance approfondie des mécanismes naturels, des interactions existantes, de la géologie, de la chimie, de la biologie, de la botanique, du climat… et l’amour et le respect de la terre.

L’agriculture européenne : un modèle économique non viable

Notre agriculture européenne va devoir changer : non qu’elle s’interroge sur son devenir d’un point de vue philosophique, mais les raisons qui l’ont poussées à être ce qu’elle est devenue, sont les raisons pour lesquelles elle va devoir évoluer.
Ainsi, la raison qui a le plus de poids de nos jours est économique, or l’agriculture européenne est subventionnée et les caisses sont vides. A plus d’un titre, le système européen n’est pas compétitif. Qui plus est, il a « tué » le métier puisqu’en 50 ans, en France, 92% des agriculteurs ont disparu. En effet, la France perd entre 30000 et 50000 agriculteurs chaque année ; quant à l’Europe, ce sont 200000 « exploitants agricoles » qui disparaissent tous les ans… Côté production, l’Europe ne se nourrit plus et la France qui était auto-suffisante jusque dans les années 50 ne l’est plus. Aujourd’hui, 40% des blés produits en Europe ne sont pas panifiables : ils ne peuvent pas être utilisés pour la consommation humaine, mais servent à nourrir les cochons ! Sans compter la perte de diversité…
En résumé, l’agriculture que nous connaissons aujourd’hui, pollue et détruit l’environnement pour créer un produit qui n’est pas directement consommable et de qualité insuffisante. Elle coûte cher car elle gaspille beaucoup d’énergie (cf. production hors sol), et elle demande aux contribuables des subventions pour survivre…
Pour autant, le modèle perdure de façon totalement artificielle. Et, en parallèle, le consommateur, vous, moi, devenons de plus en plus exigeants : nous demandons de la qualité.


Culture hydroponique (hors sol) de tomates, Italie
Culture hydroponique (hors sol) de tomates, Italie
© wikipedia

Quoi d’étonnant quand 99% des tomates et des fraises produites en Europe sont produites hors sol ? La production hors sol est par nature privée de goût, car, si le soleil donne la quantité par la photosynthèse, c’est le sol, le terroir, qui donne la saveur. Sans compter le gaspillage énergétique que cela demande : il faut 36 calories d’énergie pour produire 1 calorie agricole. Nous n’avons pas fini de subventionner des fruits et légumes sans goût, que nous –ceux qui le pourront - achèterons à prix d’or tout au long de l’année...

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ACTUALITES INTERNATIONALES

ÉGYPTE : une femelle dugong morte

Source HEPCA.
Fin novembre 2012, le Colona Dive Center a alerté l’association de défense de l’environnement HEPCA sur une femelle dugong morte découverte entre Magwaish Island et Gotaa Magawish. L’HEPCA a envoyé un bateau de patrouille pour enquêter.
A leur arrivée, les rangers du ministère égyptien des affaires environnementales étaient en train de ramener à terre l’animal de 500 kg.


Dugong mort sur la plage
Dugong mort sur la plage
© HEPCA

Une biopsie des poumons et des reins devrait donner plus d’indices sur les raisons de sa mort. Ce sera également la première fois qu’une empreinte ADN sera extraite d’un dugong des eaux égyptiennes de la mer Rouge.
JPEGSelon l’HEPCA, le dugong ne semblait montrer aucun signe de traumatisme externe et était mort récemment.
Bien qu’il soit trop tôt pour en être sûr, les militants soupçonnent que le développement accru du tourisme et de la circulation à Hurghada pourrait être en partie responsable.
L’HEPCA, conscient de cette perte tragique, espère être en mesure de communiquer au public les conclusions des analyses. « C’est un jour triste lorsqu’on perd un si bel animal », ont-ils posté sur Facebook. « Le harcèlement auquel ces animaux sont exposés, la pression sans fin des bateaux de plongée et d’apnée doit « cesser », ont-ils ajouté.
« Bien que les examens devant permettre de déterminer la raison de la mort de ce dugong ne soient pas encore terminés, la pression sur les herbiers marins où ils se nourrissent tels que Abu Dabbab, Marsa Umbarak et Magawish et le harcèlement continu a dépassé le seuil de tolérance. Ce crime doit cesser ».


FRANCE : le Sénat part à la chasse aux loups

Le 30 janvier 2013, le Sénat a adopté, à 208 voix contre 131, une proposition de loi soumise par le sénateur de Lozère Alain Bertrand visant à faciliter l’abattage des loups. L’article unique de cette loi stipule que « l’abattage des loups est autorisé dans des zones de protection renforcée délimitée chaque année par arrêté préfectoral, indépendamment du prélèvement défini au niveau national. Un plafond de destruction spécifique est prévu pour chaque zone. »
Pour la saison 2012/2013, les tirs de prélèvement ont été limités en France à 11 individus ; cette loi permettra donc de procéder à des “prélèvements supplémentaires”…
Alors que le loup est revenu en France en 1992, on estime sa population actuelle, soit 20 ans après, à quelque 200 - 250 loups, principalement dans le Mercantour, le Queyras et sur les hauts plateaux du Vercors, selon l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Douze cas de mortalité ont été enregistrés officiellement l’an dernier par l’ONCFS : tirs réglementaires, braconnage, mort naturelle ou accidentelle.

« En 2012, près de 4.920 victimes « probables » de loups ont été recensées. Un chiffre à rapporter à la mortalité annuelle du cheptel ovin (maladies, etc.), qui représente environ 700000 animaux », selon Jean-François Darmstaedter, président de l’association FERUS.
Un nouveau plan national d’action sur le loup, actuellement prévu pour la période 2013-2017, définit les principes, les objectifs et les moyens mis en œuvre par l’État dans le cadre des engagements nationaux de préservation de la biodiversité. Mais que contient-il ?
« Il n’y aura apparemment pas de modification fondamentale par rapport au plan précédent. La seule nouveauté pourrait résider dans un accroissement du quota annuel de tirs de prélèvement, ce que j’appelle les tirs politiques », affirme J.F. Darmstaedter. Pour FERUS, d’autres mesures sont autrement plus urgentes, comme la réforme de l’attribution des primes, qui est aujourd’hui destinée aux éleveurs attaqués et non aux éleveurs qui prennent les mesures de protection nécessaires.

FERUS relève également des points “critiques” :
« - Le plan parle bien de « gestion » du loup. L’animal sauvage peut-il être “géré” par l’homme ?

  • Les éleveurs ont insisté à nouveau pour pouvoir abattre des loups dans les parcs nationaux. La création décidée d’un groupe de travail sur ce sujet n’est ni pertinente, ni justifiée. Les parcs nationaux doivent rester des sanctuaires de protection de la nature et des espèces sauvages. Nous nous battrons pour cela.
  • Nous condamnons l’appel en masse aux chasseurs pour les tirs de prélèvement, prémisses à une chasse autorisée au loup ? »

Comment le loup arrivera-t-il à relever ces défis ? Il semble que la condition de sa survie passe par une discrétion encore plus grande. Cela n’a pourtant pas sauvé le lynx en France puisque le dernier comptage de lynx dans la région Jura-Vosges évaluait sa population à … 10 individus ; or le lynx est par nature moins visible que le loup.
Loup dans le Mercantour {JPEG}
Non seulement l’État français met tout en place pour limiter l’expansion géographique du loup dans notre pays, mais fait endosser au loup la responsabilité de problèmes qu’il n’a jamais voulu traiter.
Dans son communiqué de presse, la Ministre de l’Écologie précise que le plan 2013-2017 sera soumis à la consultation du public (ah bon, quel public ?) dans les prochaines semaines (quand ?), pour une durée d’un mois. Il sera également présenté en commission faune du Comité national de protection de la nature, le 8 avril prochain. Il devrait être lancé officiellement courant avril, avant la montée des troupeaux dans les estives.

Au fait, quel est donc le budget alloué à toutes ces réunions et groupes de travail ? Quel est donc le « business » généré par les attaques de loups, entre subventions et expertises ? Ne pourrait-on pas attribuer directement ces fonds à l’acquisition de chiens gardiens de troupeaux ?
Pour diminuer la vulnérabilité des troupeaux, l’ONCFS estime que la mise en place de mesures de prévention (chiens, parcs de regroupement et gardiennage) permet de réduire le risque d’attaque de 70% par rapport à un troupeau non protégé.

Bien sûr, on répondra que ce n’est pas aussi simple : effectivement, on a perdu de vue depuis longtemps notre relation à la nature et le « simple » bon-sens…

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KIRGHIZISTAN : une victoire majeure pour les panthères des neiges !

Source SLT – 06/02/2013
Les panthères des neiges du Kirghizistan viennent d’obtenir un territoire plus vaste et plus sûr ; Le Premier Ministre kirghize, Jantoro Satybaldiev, a signé un décret élargissant de 150 km2 la réserve naturelle protégée d’État Sarychat-Ertash, soit une expansion de 12%, équivalente à environ deux fois la taille de Manhattan !
La réserve Sarychat-Ertash est le premier habitat du léopard des neiges au Kirghizistan. Cependant les frontières de la réserve restaient encore mal définies ; les intérêts miniers et de la chasse menaçaient de plus en plus la sécurité du félin ces dernières années.
Récemment, le Snow Leopard Trust a collaboré avec le Réseau Snow Leopard (SLN), avec le Fonds mondial pour la nature (WWF), le Centre de Développement Humain « Tree of Life » et d’autres ONG locales afin d’exprimer activement leur préoccupation au sujet des explorations géologiques qui ont été initiées dans la vallée de Koyondu, à l’intérieur de la zone tampon de la réserve Sarychat-Ertash.


Un territoire plus sûr pour la panthère des neige.
Un territoire plus sûr pour la panthère des neige.
© Kyle McCarthy-SLT

Les efforts communs ont permis de démontrer au Parlement kirghize l’importance de cette région pour la conservation de la panthère des neiges.
Suite aux exposés communs et à une visite de la vallée de Koyondu animées par des experts, dont le coordonnateur du Programme du Snow Leopard Trust du Kirghizistan, Kouban Jumabaev, le Parlement kirghize a annulé tous les certificats délivrés antérieurement en faveur de l’exploration minière à l’intérieur du parc, élargissant donc de fait la zone protégée de 150 km2. Les explorations géologiques à l’intérieur de la réserve ont depuis été arrêtées.
Le gouvernement a officiellement approuvé la nouvelle plus grande zone protégée : par la décision du gouvernement kirghize № 48 du 1er février 2013, « À propos de l’approbation des nouvelles frontières de la réserve naturelle d’État de Sarychat-Ertash », la frontière de la réserve a été officiellement établie. La dernière signature manquante sur le document officiel a été mise début février par le Premier Ministre de la République kirghize, Jantoro Satybaldiev.


Lac Petrov, Kirghizistan
Lac Petrov, Kirghizistan
© Mirjam Leuze -SLT

Selon ce nouveau document, la taille de la réserve naturelle d’État de Sarychat-Ertash est maintenant de 149117,9 hectares (environ 1500 km2), contre précédemment 134140 hectares. Un certificat d’État de la réserve sera publié prochainement, montrant les frontières exactes de l’aire protégée. Ni l’exploitation minière, ni la chasse ne seront autorisées à l’intérieur de ces frontières. Espérons que le parc aura les moyens de contrôle nécessaires pour éviter tout braconnage…

En tant que première aire protégée du pays, le Sarychat-Ertash est un élément crucial de l’avenir à long terme du félin au Kirghizistan. Situé dans le centre de Tien-Shan, il protège les habitats de la panthère des neiges et de ses proies, telles que l’argali (Ovis ammon), le bouquetin (Capra ibex), la marmotte (Marmota baibacina) et d’autres espèces rares. La nouvelle extension couvre une migration importante et une aire de reproduction pour l’argali, l’une des premières sources de nourriture des panthères des neiges au Kirghizistan.

Voir la carte de Sarychat-Ertash sur protectedplanet.net


AUSTRALIE : le parc de Kakadu sauvé de la prédation d’AREVA

Source : le Monde du 19/02/13
AREVA avait de grands projets pour les terres septentrionales d’Australie : en extraire 14 000 tonnes d’uranium pour un gisement estimé à 2 milliards de dollars, selon ABC News Australie. Mais pour une fois, ce ne sont pas les intérêts financiers qui ont prévalu…
Ce gisement découvert dans les années 70 d’une superficie d’environ 12 km2 sur le territoire de Koongarra avait été exclu du parc national de Kakadu. De fait, il ne bénéficiait plus d’aucune protection légale. Jeffrey Lee, propriétaire traditionnel de cette terre s’est battu avec sa communauté et a obtenu en 2012 le classement au patrimoine mondial de l’Unesco, puis la réintégration pleine de cette terre au parc national en février 2013.
GIFLe journal australien ABC News rapporte : « le gouvernement a déclaré que le géant de l’énergie Areva avait formellement demandé que la nomination de Koongarra soit retirée de l’agenda de la rencontre » [entre la délégation australienne et le comité de l’Unesco]. Le journal avance également que Jeffrey Lee a reçu « d’énormes « pressions » pour cesser d’entraver les projets miniers d’Areva, et aurait pu devenir « l’homme le plus riche d’Australie » s’il avait cédé. « Il est légitime d’estimer que ces offres d’Areva relevaient de la corruption, pas nécessairement sur le plan juridique mais assurément sur le plan moral », accuse l’Observatoire du nucléaire.


Koongarra, Territoire du Nord, Australie
Koongarra, Territoire du Nord, Australie
© antinuclear.net

Quoi qu’il en soit, Jeffrey Lee a fait savoir, sur le site australien The Age, que « le fait que les Blancs m’offrent ceci ou cela ne m’intéresse pas », et qu’il n’était pas « intéressé par l’argent. J’ai un travail. Je peux acheter de la nourriture, je peux aller pêcher et chasser ». Sur le site Environment News Service, il explique aussi : « J’ai dit non aux mines d’uranium à Koongarra, car je crois que la terre et les croyances propres à ma culture sont plus importantes que l’exploitation minière et l’argent va et vient, mais la terre est toujours là, subsiste toujours si nous nous en occupons, et s’occupera toujours de nous. »

Après une bataille de 34 ans pour éviter l’exploitation de l’uranium sur ses terres ancestrales de Koongarra, Djok Senior Traditional Owner Jeffrey Lee s’est assis à la Chambre des Représentants le 6 février 2013 pour voir sa terre enfin protégée.

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AGENDA

Samedi 23/03/13 :60 min pour la planète

Earth Hour Éteignez vous lumières entre 20h30 et 21h30 !

Samedi 30/03 au 13/04/13 : Cires botaniques

Par Louis Torhout, Mairie du 6° - Salon David-d’Angers -Entrée libre – lundi à vendredi : 10h30-17h, jeudi jusqu’à 19j et samedi de 10h à 12h.
Passionné de sciences naturelles, L. Torhout crée en tant que plasticien des modèles en cire plus vrais que nature. L’univers végétal est son domaine.

Mardi 9/04/2013 à 20h : Projection du documentaire « Le dernier village » de Qiu Xiaojun

Face à la désertification, c’est la fuite ou la lutte…
ET

Vendredi 31/05/2013 à 20h : Projection du documentaire « Métal hurlant » de Jin Huaqing

Une armée de soldats verts démantèle, souvent au prix fort, des déchets métalliques.
Lieu de projection : Espace Beaujon
208 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, métro Ternes. Entrée au Tarif unique de 5 euros.
Information et réservation au 01 43 59 26 79 ou sur festivals ictv-solferino.com


CARNET ROSE

Jeune hyène tachetée...curiosité ?
Jeune hyène tachetée...curiosité ?
© M. Dupuis

Crocuta crocuta ou hyène tachetée a bien mauvaise réputation. Peut-être que son « ricanement », qui n’est pas le seul cri de son répertoire varié y est-il pour quelque chose ? A moins que ce ne soit la crainte que nous inspire ce carnivore intelligent qui vit dans un groupe social aux relations complexes ? La société est matriarcale : les femelles sont dominantes, et le rang hiérarchique se transmet de mère en fille. Vivant principalement dans la savane africaine, sa population diminue et ne bénéficie encore d’aucun statut de protection.


Jeune hyène tachetée...méfiance ?
Jeune hyène tachetée...méfiance ?
© M. Dupuis

La femelle a en moyenne deux petits qui naissent au bout de cent jours de gestation et qu’elle élève sans l’aide du mâle. Quand ils sont âgés de quelques mois, les petits rejoignent un terrier commun où ils restent jusqu’à leur sevrage, vers 15 mois. Mais si les adultes sont craints, regardons ce petit qui a l’air bien mignon quand même...
Entre curiosité et méfiance, espérons que ce jeune-là pourra encore longtemps parcourir librement la savane...

Merci de votre attention.

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Portfolio

  • Entomobrya muscorum, 60x
  • Orchesella villosa x10

[1Le milieu minéral est un ensemble de substances chimiques, formées de petites molécules, telles que certains gaz (le dioxyde de carbone, le dioxygène, etc.), l’eau, les métaux (le fer, le cuivre, etc.), les minéraux des roches, etc.

[2La matière organique est un ensemble de substances chimiques complexes et très variées, fabriquées par les êtres vivants. Les matières organiques sont formées de grosses molécules complexes contenant toujours du carbone.

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