TENDUA - Association pour la sauvegarde de la biodiversité

Newsletter N°8

Chers Adhérents et Amis,

2012 se termine ; pas de scoop sur la fin du monde, mais quelques nouvelles sur son état.
Nous proposons deux dossiers pour vous donner quelques éléments de réflexion à partager avec votre entourage. Des solutions existent mais toutes dépendent finalement d’un choix – et donc d’une volonté - politique.
D’une part, essayons d’imaginer le bruit que nous répandons dans nos océans par nos incessantes activités économiques, militaires ou de loisirs et l’impact de ses nuisances sonores sur les cétacés.
D’autre part, un autre sujet inquiète : le brevetage des semences. C’est le combat du pot de terre que mènent les associations telles que Kokopelli et Navdanya contre le pot de fer du lobby politico-agro-chimique.
Shark Alliance, dont TENDUA est membre, est dans l’attente du vote en séance plénière de la Commission Européenne qui permettra de modifier l’actuelle législation, encore très laxiste en Europe, contre le finning le 22 novembre prochain.
Le trafic illégal des espèces menacés entre dans le top 5 des trafics tels que celui de la drogue, de l’armement et de la contrefaçon ; le rhinocéros et l‘éléphant en sont les victimes ; leur disparition est quasi-programmé si ce trafic n’est pas arrêté.
Enfin quelques dates dans notre agenda et pour terminer, notre carnet rose qui nous présente un papa jabiru donnant une leçon de pêche à ses trois rejetons !

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DOSSIERS

La nuisance sonore dans les océans

Les océans sont le théâtre de va-et-vient incessants générant des nuisances sonores que l’on imagine mal. Leurs sources : outre les 6000 navires du transport maritime commercial qui sillonnent les mers en permanence, il faut également prendre en compte les sous-marins et leurs sonars (plus de 300 hors OTAN), l’exploration sismique pour la recherche pétrolière, gazière et minière, les éoliennes off-shore de plus en plus nombreuses, et bien sûr tous les sons émis par les hélices et les coques des bateaux, et autres activités de plaisance...
Autrement dit, le mal-nommé « monde du silence » est devenu celui d’une cacophonie insupportable pour ses habitants par l’augmentation incessante des activités humaines.

Selon des chercheurs de l’Institut de recherche de l’aquarium de la Baie de Monterey aux États-Unis, l’augmentation de l’acidité des océans pourrait rendre l’environnement marin encore plus bruyant. Les changements dans la composition chimique de l’eau de mer auraient pour conséquence que son absorption des sons à basse fréquence serait 10% inférieure à celle d’avant la révolution industrielle. A moins d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre (chemin que nous ne prenons pas…), l’acidité des mers et des océans pourrait atteindre d’ici à 2050 un niveau tel que le bruit des navires et des canons sismiques voyagerait 70% plus loin qu’actuellement. No comment.

Les échouages de septembre 2012

Des baleines échouées près de Saint-Andrews en Ecosse le 02/09/12
Des baleines échouées près de Saint-Andrews en Ecosse le 02/09/12
© Andrew Milligan/AP/SIPA

Au cours du même week-end du 02/09/12, plusieurs dizaines de globicéphales se sont échoués sur les côtes d’Ecosse et de Floride, d’un côté et de l’autre côté de l’Atlantique. En Amérique du Nord, il s’agissait du troisième incident de ce type en deux jours.

26 baleines échouées en Ecosse

Carte de forage sismique en Ecosse
Carte de forage sismique en Ecosse
© Sibylline

Le 02/09/12, un groupe imposant de 26 baleines-pilotes (Globicephala macrorhynchus) s’est échoué sur la côte est de l’Ecosse, près de Saint-Andrews. Seize sont mortes, les sauveteurs ayant réussi à remettre à l’eau les dix autres.
On pense rapprocher ces échouages des prospections sismiques de la compagnie M/V Polarcus Adira…

Deux autres groupes de globicéphales se sont échoués à Cape Cod, dans le Massachusetts (nord-est des États-Unis) le 01/09/12, et au Canada le 02/09.

22 baleines échouées en Floride

Baleines-pilotes échouées en Floride – sept.2012
Baleines-pilotes échouées en Floride – sept.2012
© internet

Le 01/09/12, 22 baleines se sont échouées sur une plage de Floride, dont 5 seulement ont pu être sauvées.

A cette occasion, l’association Sibylline rappelle qu’aux États-Unis, c’est le grand représentant de l’industrie de la captivité Seaworld qui finance la gestion des échouages lorsqu’il y a des animaux survivants. Est-ce un hasard que seuls de jeunes et très jeunes animaux aient été sauvés, alors que les autres ont été euthanasiés ? Ils ont été dirigés vers l’un des parcs d’attraction (« centres vétérinaires »). Aucune autorisation n’est nécessaire quand les animaux sont déclarés non réhabilitables. Ainsi, coup double pour Seaworld : une publicité lui donnant une image de sauveteur et une excellente opération financière puisqu’un globicéphale, s’il devait être acheté, coûterait au bas mot 250 000 dollars, alors 5 d’un coup…
La raison de ces échouages de début septembre est encore à l’étude.

Écholocalisation et sonars

Les cétacés produisent des sons (clics, sifflements, vocalisations) dont la plupart sont caractéristiques de l’espèce ou de la population par leur forme, leur fréquence et leur durée. Ils utilisent des systèmes d’écholocation [1] similaires aux sonars actifs, parfois sur de grandes distances, pour localiser leurs congénères, leurs proies et leurs prédateurs.
L’environnement océanique et maritime de plus en plus bruyant les désoriente, les disperse et menace leur disparition.
Le phénomène des échouages n’est pas récent puisque c’est en 1805 que l’on a recensé pour la première fois un cétacé échoué ; ensuite une vingtaine d’échouages par an a été renseignée jusque dans les années 1960. Un constat évident : depuis les années 1960, il y a une nette augmentation des échouages. Mais il est vrai qu’aujourd’hui les informations circulent plus facilement. Est-ce tout simplement parce qu’on les voit plus et qu’on en parle plus ? Pas seulement semble-t-il : des corrélations ont pu être établies entre des échouages de cétacés et les exercices des marines américaines, britanniques et espagnoles réalisant des manœuvres navales avec des sonars militaires à basse fréquence perceptibles à plus de 100km. Rappelons que toutes les marines utilisent ce type d’équipements ; donc toutes les mers et les océans du monde sont concernés par ces « manœuvres »…
En 2000, aux Bahamas, une expérience de l’US Navy avec un émetteur à 230 db dans la gamme de fréquence 3 000 à 7 000 Hz provoqua l’échouage de seize baleines, dont sept furent trouvées mortes. L’US Navy reconnut, deux ans après, sa responsabilité dans cet échouage dans un rapport publié le 01/01/2002 dans le Boston Globe.


Propagation des ondes du sonar
Propagation des ondes du sonar
© AwayFoundation

Le bruit des sonars militaires génère chez les cétacés des problèmes de décompression, suivis très souvent d’un échouage.

En plongée, les cétacés appréhendent l’espace uniquement grâce aux signaux acoustiques qu’ils perçoivent et émettent. L’ouïe est leur sens le plus important, et leur aptitude à bien entendre est vitale dans tous les aspects clés de leur vie, comme la recherche de nourriture, le déplacement et les interactions sociales. Le nerf auditif du dauphin est 10 fois plus long que celui de l’homme !
Pour respirer, les cétacés remontent lentement, respectant naturellement des « paliers » de décompression. Mais, soumis au stress généré par les ondes des sonars qui les heurtent, les hormones de stress se propagent dans tout leur corps, leur rythme cardiaque augmente et la fuite s’impose : les cétacés engagent alors une remontée d’urgence. Comme chez les plongeurs, une remontée trop rapide provoque une accumulation de gaz dans les organes.


Échouage d
Échouage d’une baleine à bec de 6,66 m et d’environ 6 tonnes
© SNSM, Station de Beg-Meil, France

On en connaît un peu plus aujourd’hui sur ce phénomène grâce à l’autopsie d’animaux échoués et décédés. Les scientifiques ont découvert que leur foie était plein de bulles d’azote (parfois de la taille d’une balle de tennis), que les reins pouvaient être atteints également et ils ont trouvé aussi des particules de graisse dans le sang.


© internet

Les cétacés captent les ondes sonores avec leur mâchoire inférieure, tapissée de tissus adipeux très vascularisés ; elle sert de structure de résonance pour l’écholocalisation.
Or, les ondes des sonars utilisés par l’armée ou les détonations des canons à air (prospection sismique gazière et pétrolière), sont responsables de saignements dans l’oreille interne des cétacés et dans la région de la mâchoire inférieure, ainsi que de fractures d’organes à l’origine d’hémorragies internes.


Près de 50 cétacés se sont échoués au large de la Tasmanie, le 23 janvier 2009
Près de 50 cétacés se sont échoués au large de la Tasmanie, le 23 janvier 2009
© Internet

Les animaux meurent alors d’une longue agonie. Certains d’entre eux s’échouent sur les rivages. Peut-être cherchent-ils à se mettre en sécurité en se rapprochant des côtes ?

Pour comprendre un peu mieux ce que ces animaux subissent, il faut imaginer un scénario comparable : vous vous promenez et, soudain, un bruit tel retentit que vous en perdez le sens de l’orientation. L’intensité d’un sonar est plus forte que celle d’un avion à réaction au décollage. Et cela dure plusieurs heures. Vous sentez vibrer vos os et votre chair à cause du bruit ; vos oreilles se mettent à saigner. A l’instar de la pollution sonore générée par les sonars qui saturent les océans sur des centaines de km créant de fait des barrières acoustiques infranchissables pour les cétacés, vous ne pouvez pas vous échapper…

Des programmes de recherches sur les cétacés existent, mais il est très difficile d’avoir une étude indépendante. Aux États-Unis, par exemple, les programmes de recherche en biologie marine sont financés par la Navy. Seules des études indépendantes détermineraient précisément le rôle des activités humaines dans ces échouages… et dans la disparition de ces animaux marins, et ne seraient plus censurées.
Outre les échouages, on connaît déjà les conséquences de ces nuisances sonores chez les cétacés. Elles affectent tous les plans de la vie des animaux ; tout d’abord :

  • La communication : la destruction de leur système d’écholocalisation crée des problèmes au sein du clan. Les mâles et les femelles n’arrivent plus à se rejoindre.
  • L’éducation : les petits connaissent des difficultés d’apprentissage des codes du groupe et le plus souvent, ils finissent par se perdre et s’échouent sur des plages.
  • La migration : obligés de s’écarter de leurs routes habituelles, les individus d’un même groupe finissent par se séparer. Les chercheurs ont trouvé des cétacés échoués en des endroits habituellement non fréquentés par ces animaux.
  • Le risque de famine : les cétacés ne sont plus capables de localiser leurs proies et donc de se nourrir.

Existe-t-il des solutions ? OUI mais il s’agit, une fois de plus, de choix politique …

Parmi les solutions évoquées, en voici quelques unes :


Les différentes espèces de cétacés
Les différentes espèces de cétacés
© internet

- Le changement de fréquence des sonars : ce n’est pas une solution car d’autres espèces de cétacés seront affectées puisque chaque espèce possède des caractéristiques de résonnance propre.

  • Des murs de bulles sont générés au pied des éoliennes off-shore afin d’atténuer leur bruit, un peu comme les murs anti-bruit au bord de nos autoroutes construits pour absorber partiellement les nuisances sonores. La réduction semble effective, mais est-elle suffisante ?...
  • L’industrie navale est en capacité aujourd’hui de fabriquer des navires silencieux mais cela coûte cher. Et comme à ce jour, il n’existe aucune obligation nationale ou internationale, personne ne veut payer un tel coût malgré les recommandations faites par les scientifiques et des associations depuis plusieurs années.
  • Les Marines nationales pourraient vérifier, avant leurs exercices sur zone, la présence de cétacés grâce aux clics qu’ils émettent. Cela supposerait un changement radical d’attitude des militaires de toutes nationalités : engager et suivre les recommandations de biologistes marins… autant dire que cette mesure qui pourrait pourtant être rapidement mise en place ne le sera probablement jamais.
  • Créer plus de zones où trafic maritime, manœuvres militaires, exploration off-shore, activités aquatiques de plaisance seront totalement interdits, ainsi que des corridors pour relier ces zones de tranquillité ;
  • Rejoindre les associations qui se battent sur ces sujets ; en parler autour de soi et relayer l’information via vos réseaux auprès de nos députés : nous sommes l’opinion publique et nous pouvons agir.

Pour aller plus loin :

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Contre le brevetage des semences

Catalogue de semences et droit français

Dans les années 30, l’idée d’un premier catalogue voit le jour afin d’y référencer les appellations de semences. Depuis, il existe un catalogue européen. En 1997, en France, ce sont les variétés potagères qui sont répertoriées dans un nouveau catalogue : les jardiniers du dimanche sont alors directement concernés, ainsi que tous les petits paysans qui n’utilisent pas les semences d’hybrides F1.
Que dit ce catalogue, adossé au droit français ? « Toute semence qui n’y est pas inscrite est interdite à la vente, mais aussi à l’échange entre paysans », pratique pourtant ancestrale et internationale.
Ainsi, le ministère français de l’agriculture assimile cette pratique à des ventes dissimulées. L’échange est donc interdit par décret gouvernemental.

Le GNIS

Le Groupement National Interprofessionnel des Semences (GNIS) dont les membres sont issus des représentants de l’administration française et des acteurs majeurs de la filière agrochimique, s’occupe, entre autre, des catalogues. Il semble que la réputation du GNIS ne soit pas à faire auprès des agriculteurs qui le connaissent bien car ce dernier :
Réclame le paiement par les agriculteurs qui réutilisent leurs semences de ferme d’une Contribution Volontaire Obligatoire reversée directement, pour 85% de son montant, à l’industrie semencière,
Poursuit en justice les agriculteurs qui reproduisent des semences de ferme des dernières variétés protégées par une loi française qui les interdisait, mais n’est presque plus utilisée depuis l’adoption en 1994 d’un règlement européen qui les autorise,
Envoie ses contrôleurs à la poursuite des agriculteurs qui conservent, utilisent, échangent ou vendent leurs semences de ferme.
Les industriels des semences ne supportent pas que les agriculteurs puissent bénéficier, tout comme eux et en toute légalité, du « privilège du sélectionneur » d’utiliser les variétés disponibles sur le marché pour sélectionner leurs propres variétés et d’échanger leurs semences dans le but de les sélectionner et de les conserver.

Hybrides F1 vs semences anciennes

Pour bien comprendre le sujet il faut revenir sur la définition de ce qu’est une semence en agriculture, et savoir deux ou trois choses sur leur origine et leur commercialisation. Pour faire simple et court : il y a les semences « naturelles », utilisées par l’homme et conservées par lui, réutilisables chaque année. Et puis il y a les semences hybrides, les F1 (hybridation de première génération) le plus souvent. Inventées par les Américains au début du XXe siècle, elles sont les plus répandues. Le procédé est à peu près le suivant : un semencier prend deux variétés de maïs par exemple, avec des caractéristiques les plus éloignées possibles ou différentes, et les croise sur plusieurs années (6 ou 7 ans). Au final, le semencier obtient une variété hybride avec des caractéristiques génétiques nouvelles : un meilleur rendement, une taille identique des pieds, une résistance aux maladies, mais aussi une variété stérile qu’il faudra racheter tous les ans, donc une rente par nature pour le semencier et la chronique d’une ruine annoncée pour les petites exploitations.

Le lobby agro-chimique

Leader mondial des OGM, Monsanto est à l’origine de bien des produits controversés, depuis sa création en 1901. La liste est longue. La firme est le principal producteur de PCB (le pyralène, polluant organique persistant aujourd’hui interdit et responsable de nombreuses pollutions), de l’agent orange, herbicide utilisé pendant la guerre du Vietnam et fortement cancérigène, et d’hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe.
http://www.rue89.com/2008/02/16/ogm...
Monsanto est donc tristement célèbre et représente bien ces géants de l’agrochimie grâce auxquels notre agriculture productiviste ressemble plus aujourd’hui à de « la gestion de pathologie agricole » à force d’hybrides F1, pesticides, herbicides et autres moyens chimiques : les plantes malades génèrent chez les humains de nouvelles maladies auxquelles le lobby pharmaceutique trouvera probablement un remède chimique ayant à son tour des effets secondaires, mais qui aura eu le temps de produire des revenus sonnants et trébuchants…


plant malade aux États-Unis
plant malade aux États-Unis
© jeff Tuttle

Adieu, les blés blonds et les champs verdoyants de notre imaginaire collectif !

Monsanto n’est pas seul, il y a également Bayer, Syngenta… Leur intérêt est de nous faire croire que sans engrais ni pesticides, l’agriculture ne pourra pas nourrir la planète à terme. Nous « devons » donc utiliser leurs produits pour produire plus, au détriment de la qualité et de notre santé, mais aussi au détriment de la Terre qui a pourtant mis au point toutes les conditions (arbres, humus et argile) pour faire pousser les centaines de milliers de plantes que nous connaissons aujourd’hui, adaptées qui plus est, aux différents climats… Bien sûr, c’est tout un pan de l’économie qui se trouverait mal, si nous revenions à des méthodes plus naturelles qui permettraient, on en est désormais convaincus, de nourrir effectivement la population planétaire.
C’est un choix de société mais que choisir : nourrir la planète en respectant la nature ou continuer sur une tendance qui détruit la terre, ne nourrira pas tout le monde mais donne de bons résultats économiques dont tous ne profitent pas, loin s’en faut ?

Des associations dans le monde entier se battent en faveur d’une agriculture responsable et biologique, et du droit fondamental d’échanger les semences.
En Inde, par exemple, Navdanya travaille à la promotion de l’agro-écologie.
En France, Kokopelli est une association qui conserve, distribue et vend des semences anciennes et biologiques dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagères. Elle conserve dans ses murs, à Alès dans le Gard, plus de 3000 variétés paysannes.


Jardin de semences - Inde
Jardin de semences - Inde
© Kokopelli

L’association a des producteurs dans le monde entier et édite chaque année son propre catalogue, rempli de photos, avec les variétés, les conseils, etc.… Elle monte des projets et donne (donc gratuitement) de nombreuses semences aux petits paysans en Afrique, Asie, Amérique du Sud afin de leur permettre d’accéder à l’autonomie alimentaire.

Attaquée en justice en 2005 par la société Baumaux (« grainetier à Nancy depuis 1943 ») pour concurrence illégale, et après plusieurs rebondissements juridiques, il s’avère que l’association Kokopelli est condamnée à une amende de 100000 € de dommages et intérêts à verser à ladite société Baumaux (dont le chiffre d’affaire en 2011 atteignait 14M€ et le résultat net 2M€...) ; et Baumaux demande également la cessation totale d’activité de Kokopelli.
Si vous souhaitez agir pour libérer les semences en Europe :
http://www.avaaz.org/fr/petition/Qu...
Pour aller plus loin sur une autre façon de procéder et sur l’agro-écologie, des documentaires passionnants et autres liens :

  • « Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau, 2010,
  • « Les moissons du futur » de Marie-Monique Robin, 2012.
  • « Food, Inc. » (« Les Alimenteurs »), de Robert Kenner, 2009 http://owni.fr/2012/06/06/le-lobby-...

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ACTUALITES INTERNATIONALES

Europe : Shark Alliance se bat pour une meilleure législation européenne contre le finning

Découpe d
Découpe d’ailerons
© Shark Alliance

En septembre 2012, le comité des pêches du parlement européen a voté au sujet de la proposition de la Commission selon laquelle les requins devaient être débarqués avec les ailerons naturellement attachés. Le résultat du vote a été serré et assez déroutant avec un amendement qui aurait de fait élargi les lacunes, mais d’autres modifications ont été effectuées qui se réfèrent toujours à des exceptions à « nageoires naturellement attachées ».
Le rapport du Comité des pêches doit maintenant être présenté en assemblée plénière du Parlement. La question doit être débattue le 21 novembre prochain avec un vote le 22 novembre.
http://www.protection-requins.org


Afrique et Asie : Le trafic illégal de corne de rhinocéros

Marché illégal des espèces
Marché illégal des espèces
© wwf

Le commerce illégal des espèces menacées draine aujourd’hui des sommes conséquentes. Il serait le cinquième trafic après la contrefaçon, la drogue, les armes ou le pétrole. Moins une population est nombreuse, plus ses produits dérivés sont convoités, accentuant ainsi la probable disparition de l’espèce. A poids égal, une corne de rhinocéros équivaut à deux fois le prix de l’or.
Sur le marché asiatique, la corne de rhinocéros est synonyme de richesse et de puissance.

 Au Vietnam, le principal débouché pour ce produit dérivé, les données sont presque inexistantes.
Cependant, les chiffres sud-africains montrent très clairement l’essor de la demande. Preuve s’il en fallait, que l’application des conventions internationales est encore loin d’être optimale.


Comment le citoyen peut-il agir ? 
En faisant pression pour que la protection des espèces soit une priorité pour les gouvernements. Il ne s’agit pas simplement de renforcer la coopération internationale. Il s’agit aussi de faire appliquer les lois.
Le commerce d’espèces menacées repose sur un crime. Laisser commettre ce crime contre la nature n’est pas une option.
La vie animale fait aussi partie de la richesse des nations. Aujourd’hui il faut faire vite car chaque espèce en danger est un champ de bataille.

Dans le nord de l’Inde, l’Assam comptait encore 2400 rhinocéros unicorne en 2008 ; il n’en reste que 2050 en 2012 avec plus 300 animaux tués en un an…


CITES mars 2013 : l’urgence de réinscrire en annexe 1 les éléphants pour lutter contre le trafic international de l’ivoire

Eléphants du Masaï Mara
Eléphants du Masaï Mara
© Tendua

Les populations d’éléphants en Afrique n’ont connu qu’un bref répit d’environ sept ans, entre 1990 et 1997. La retentissante campagne internationale menée dans les années 1980 par différentes organisations a abouti, en octobre 1989, à l’interdiction du commerce de l’ivoire par la Convention sur le Commerce international des espèces menacées de faune et de flore (CITES) : de l’Annexe 2 de cette Convention (commerce autorisé sous contrôle), toutes les populations d’éléphants d’Afrique furent transférées en Annexe 1 (commerce totalement interdit) où figurait déjà, depuis 1975, l’éléphant d’Asie.
Cette décision s’est immédiatement traduite, sur le terrain, par une chute spectaculaire et même inespérée du braconnage, et par l’amorce, constatée par les spécialistes, d’une remontée des populations d’éléphants qui avaient cependant besoin d’un répit d’au moins vingt ans pour retrouver leurs effectifs des années 1970. 


Malheureusement, les partisans du commerce de l’ivoire, et notamment l’Afrique du Sud, ont entrepris un tel « lobbying » qu’ils ont obtenu, en 1997-2000, un retour en Annexe 2 de la CITES pour les populations d’éléphants de quatre pays d’Afrique australe : Botswana, Namibie, Zimbabwe et, bien sûr, Afrique du Sud. Le commerce, soi-disant contrôlé, mais en fait incontrôlable, a donc repris comme avant. Ces pays jouant le rôle de filière écoulaient l’ivoire braconné sur le territoire des 25 autres pays d’Afrique qui, renonçant à des profits à court terme, avaient choisi de rester en Annexe 1 pour sauver leurs derniers éléphants. 
Ce trafic, exclusivement et paradoxalement accordé par la CITES à destination de la Chine et du Japon, les deux plus grands consommateurs d’ivoire, coûterait encore la vie à près de 40 000 éléphants par an, selon l’estimation basée sur les saisies opérées par les douanes de différents pays et qui ne représenteraient que 10 % de l’ivoire frauduleusement exporté.


Eléphants - Kenya
Eléphants - Kenya
© Tendua

En conséquence, et afin de prévenir l’extinction inexorable de toutes les populations d’éléphants dans les dix années à venir, il est primordial qu’à la prochaine conférence de la CITES, prévue en mars 2013, les États signataires votent pour le retour effectif en Annexe 1 de cette Convention de toutes les populations d’éléphants d’Afrique qui avaient été rétrogradées en Annexe 2 en 1997.
De nombreuses pétitions ou demandes d’aides financières circulent pour les éléphants ; aucune encore ne demande son INSCRIPTION EN ANNEXE 1 DE LA CITES. C’est la seule mesure qui permettrait d’arrêter le trafic d’ivoire. Quand celle-ci sera prête, nous vous la ferons parvenir.
Source : SNPN

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AGENDA

« Le petit-déjeuner du Tarsier et autres indiscrétions sur le monde animal »

© F. Moutou

de François Moutou, parution aux éditions « Le Pommier » : à (s’) offrir pour le plaisir du voyage et de la rencontre animale

Du 23/10/12 au 25/08/2013 : « Bête de Sexe » au Palais de la découverte à Paris

DR

L’exposition « Bêtes de Sexe », visible à Paris du 13 Octobre 2012 au 25 Août 2013, souhaite explorer l’univers de la séduction dans le monde animal et nous interroge aussi sur les codes moraux qui régissent nos vies sexuelles.

Du 15 au 18/11/2012 : 16e Festival de Montier en Der

DR

Cette année, Jim Brandenburg est parrain de l’exposition, Hubert Reeves en est l’invité exceptionnel, et M. et C. Denis-Huot sont invités d’honneur.

Du 15/12 au 19/12/2012 : Projection gratuite du film « Planète océan » de Yann Arthus Bertrand au musée du Quai Branly

Dans le cadre de son programme de sensibilisation à la préservation des écosystèmes marins, la Fondation GoodPlanet vous invite à ses JOURNEES OCEAN, en accès libre, du 15 au 19 décembre, au musée du quai Branly et à la Géode à Paris. Pour s’inscrire :
http://ocean.goodplanet.org/agenda/


CARNET ROSE

Papa Jabiru à la pêche…
Papa Jabiru à la pêche…
© Tendua

Et les enfants en prennent de la graine…
Et les enfants en prennent de la graine…
© Tendua

Le Jabiru d’Afrique ou Jabiru du Sénégal (Ephippiorhynchus senegalensis) est une espèce de grand échassier ; c’est la plus grande espèce de cigogne avec le Marabout d’Afrique. L’oiseau est élégant : silhouette élancée, plumage bicolore : noir et blanc, parfois irisé sur le cou. Les jambes sont noires, mais les « genoux » et les pieds sont rouge-orangé.
Le bec est particulièrement impressionnant : très long et conique, il est rouge-orangé et marqué au 2e quart de sa longueur par une bande noire.

La base du bec est recouverte par une large caroncule aplatie en forme de selle, d’où le nom de Saddle-billed Stork en anglais. Le mâle possède deux petites caroncules à la base de la mandibule inférieure. Les yeux de la femelle sont jaunes, ceux du mâle, bruns. Ce sont les seuls signes de dimorphisme sexuel chez ces oiseaux, même si le mâle a tendance à être légèrement plus grand.
L’adulte pèse entre 5 et 7kg et mesure de 1,45 à 1,50m pour une envergure de 2,70m.
Les juvéniles possèdent le même plumage bicolore, mais les rémiges - blanches chez l’adulte - sont grisâtres. Le bec, par contre, est terne : gris-brun.

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[1L’écholocalisation ou écholocation consiste, chez les animaux concernés, à émettre des ultrasons qui se réfléchissent sur les objets de l’environnement et sont captés et analysés en retour, ce qui fournit des informations à l’animal pour s’orienter, capturer ses proies et communiquer.

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