TENDUA - Association pour la sauvegarde de la biodiversité

Newsletter n°14 - avril 2016

Notre newsletter du printemps 2016 est arrivée !

Au sommaire des ACTUS en vrac : en France, la loi sur la biodiversité au Sénat, le projet de végétalisation de Paris, et pour passer du vert de la zénitude au rouge de la colère, nous rappellerons pourquoi les boues rouges polluent les Calanques de Cassis depuis 50 ans avec la bénédiction de l’actuel préfet des Bouches-du-Rhône sur « ordre » de Matignon. Un petit mot sur la journée internationale du manchot, à ne pas confondre avec les pingouins !

Afin de lever le voile sur l’image souvent un peu trop romantique de l’élevage des moutons en France, nous vous proposons un dossier sur le loup bouc-émissaire de la filière ovine ?

Dans les ACTUS NATIONALES TENDUA, nous faisons un point sur les derniers rendez-vous du collectif CAP LOUP avec les représentants de l’État et sur les 72 requins d’espèces menacées tués entre juin 2015 et avril 2016 par le programme réunionnais Cap Requins 2 sous le fallacieux (mais très rentable) prétexte de sécurisation de l’océan.

L’ACTU DES PROJETS que TENDUA soutient revient sur l’excellente nouvelle du relâché dans la nature de 2 gibbons par le programme Huro de SVAA et sur la naissance de la prochaine génération des lions du désert du Namib : réjouissons-nous, ce sont de bonnes nouvelles !!

Enfin, notre AGENDA et notre CARNET ROSE sur l’otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande.

Nous vous en souhaitons une bonne lecture !

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ACTUS EN VRAC !

Le projet de loi Biodiversité partiellement adopté par le Sénat

Le 26 janvier, les sénateurs ont adopté à près de 90% des suffrages exprimés (mais combien d’entre eux étaient présents ??) le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité. L’ Agence française pour la biodiversité sera créée. Beaucoup de points dans cette loi ; globalement plus les décisions concernaient des horizons lointains, moins il semblait compliqué de voter en faveur de la biodiversité.

En revanche, les sénateurs n’ont pas avancé sur l’interdiction de la pêche profonde, ni sur celle des pesticides néonicotinoïdes dont la dangerosité pour la santé et l’environnement a été confirmée par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Ils n’ont pas adopté les amendements visant à interdire la chasse à la glu ou la chasse des mammifères en période de reproduction. Cette loi - pleine de lacunes donc- doit encore passer par l’Assemblée Nationale en 2e lecture.
Sources : FNE, Courrier de la Nature n°295


Paris se met au vert !

Une charte « Objectif 100 hectares » a été signée mi-janvier 2016 entre la Mairie de Paris et 33 entreprises et acteurs publics parisiens pour végétaliser toits et murs, sols et sous-sols : 40 sites parisiens, en cours de recensement seront mis à la disposition des innovateurs pour y développer des projets d’agriculture urbaine et de végétalisation d’ici à 2020. La liste devrait être connue mi-avril. Toutes les techniques sont possibles : aéroponie, aquaponie, hydroponie, permaculture, verger, champignonnière, culture en bac ou en pleine terre, murs comestibles, toits végétaux, plantes grimpantes ou descendantes, tapis de sedum pour accroître la place du végétal dans la capitale.

On aurait aimé que les « simples » citoyens puissent aussi participer, l’idée reste bonne !
Pour en savoir plus :http://www.paris.fr/parisculteurs#u...


Pollution : les boues rouges des Calanques, une histoire ancienne …

Arsenic, uranium 238, thorium 232, mercure, cadmium, titane, soude, plomb, chrome, vanadium, nickel : la liste n’est pas exhaustive et ce ne sont là que quelques composants des « boues rouges » déversées chaque jour par centaines de tonnes dans la Méditerranée par l’usine d’alumine des Bouches-du-Rhône appartenant aujourd’hui à la société Altéo. Une canalisation construite en 1966 rejette ces déchets à sept kilomètres des côtes, au cœur d’un site remarquable par sa biodiversité, devenu en avril 2012 le parc national des Calanques. En un demi-siècle, près de trente millions de tonnes ont été répandues à 250 mètres de profondeur.


Pêche d
Pêche d’un petit requin à 300 m de fond
Un chien de mer, petit squale, péché à la palangre le 16 juillet 2015 par 300 m de fond dans le canyon de Cassidaigne. - © Gérard Carrodano

De Marseille à Cassis, les marins remontent des filets teintés de rouge et des poissons chargés en métaux lourds. Certaines espèces ont totalement disparu. Le « crime » a pourtant été dénoncé dès 1963, au moment du projet de canalisation, par le célèbre biologiste Alain Bombard. Selon Gérard Rivoire, océanographe à la retraite, l’exposition radiologique est inquiétante : « La radioactivité naturelle de la Méditerranée est de 12 becquerels par litre ; celle des boues à la sortie du tuyau dépasse les 750 Bq/l. C’est un risque majeur pour la faune marine et pour la chaîne alimentaire. »
Les études financées par Alteo semblent, de leur côté, conclure à une « absence d’impact notable des résidus sur les animaux aquatiques, y compris à forte profondeur ».


Capture d
Capture d’écran de la vidéo du Collectif "Stop aux rejets toxiques en Méditerranée
© Collectif « Stop aux rejets toxiques en Méditerranée »

Quoiqu’il en soit, l’État « prend soin » de nous puisque l’arrêté signé le 28 décembre par le préfet des Bouches-du-Rhône, Stéphane Bouillon, autorise Alteo à rejeter dans le canyon de Cassidaigne, une fosse marine à sept kilomètres des côtes du Parc national des Calanques, jusqu’à 270 m3 d’effluents liquides par heure. Et il accepte, pour une durée de six ans, le dépassement des valeurs limite d’émission fixées par des normes européennes concernant six polluants, principalement des métaux lourds, tels l’arsenic (11 kg par jour), le fer (87 kg/jour), et l’aluminium à raison de 2 880 tonnes par an (soit 7,9 t/jour !).
Sans oublier le déversement de résidus résultant de la production d’albumine sur les terres avoisinantes et la pollution qui en résulte et dont souffrent les riverains de l’usine. Ce ne sont pas que les associations de protection de l’environnement qui le disent, le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire démontre la toxicité et la nocivité de cette pollution.
Comme toujours, l’argument des autorités est celui du chantage à l’emploi ; dans ce cas précis, c’est la logique du moindre nombre qu’il convient de « sauver » (les emplois de l’usine) au détriment du bien commun (tous les habitants de la région, l’environnement marin et terrestre. L’État nous impose la logique qui l’arrange.

Pour lire la suite et en savoir plus : La Méditerranée empoisonnée, A Marseille, « colère rouge » contre les boues rouges et http://leplus.nouvelobs.com/contrib...


25 avril : la journée du manchot !

Journée internationale des manchots
Journée internationale des manchots
© Peppermint Narwhal Creative

Il y a 18 espèce de manchots réparties en 5 genres et tous vivent dans l’hémisphère Sud. Si vous vous êtes jamais demandés où les manchots vivent dans le monde, ce graphique devrait aider. Attention : au centre de la carte, l’Antarctique !

Les manchots ne peuvent pas voler mais leurs ailes leur permettent de nager, à l’inverse des pingouins, qui volent et vivent eux, dans l’hémisphère nord (une seule espèce encore vivante).

Le manchot du Cap est le seul manchot africain.
Le manchot du Cap est le seul manchot africain.
Le manchot braie ou jabote : qu’on se le dise ! - © Myriam Dupuis

Le 25 avril a été choisie comme Journée mondiale du manchot car cette date correspond à leur migration annuelle vers le nord.

Les manchots des Galápagos vivent aussi dans l’hémisphère sud, mais c’est l’espèce qui vit le plus au nord puisque son habitat se situe aux Îles Galápagos, sur l’équateur.
Quatorze des 18 espèces sont menacées de disparition, trois espèces sont considérés comme « stables » et l’état d’une espèce n’est pas connu.

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DOSSIER TENDUA

La France tue ses loups et maltraite ses moutons

En France le cheptel de moutons s’élève à 7,2 millions d’animaux en 2014, contre 9 millions en 2012, pour 78840 élevages dont 20420 de plus de 50 animaux. Ces élevages sont en diminution par leur nombre (notamment les petites exploitations), mais leur taille reste supérieure à celles de voisins italiens ou espagnols, allant de 500 à 3000 moutons. On est loin de l’image d’Épinal du gentil berger donnant un nom à chaque agneau.
Ces concentrations d’ovins sont malheureusement responsables de la perte en biodiversité résultant du piétinement et du surpâturage des troupeaux, sans compter le risque de transmission des maladies (kératoconjonctivite, piétin) à la faune sauvage de chamois et bouquetins, et l’empoisonnement des pelouses alpines par les avermectines, anti-parasitaires qui stérilisent les fèces des animaux.

En outre, depuis septembre 2015, la fièvre catarrhale ovine est réapparue dans 260 foyers, probablement due aux échanges de bétails ; 27 000 élevages avaient été touchés en 2008. En 2016, des vaccins pour 1,1 million d’animaux sont en cours de distribution par le ministère de l’agriculture. Une grosse crise est à prévoir pour la filière ovine cette année, et le coût de cette crise sera à la charge de la collectivité.
 Cette filière semble donc bien malade et les chiffres de consommation de viande ovine confirme cette tendance : 29% de baisse entre 1990 et 2013.


Couple de moutons, Nouvelle-Zélande
Couple de moutons, Nouvelle-Zélande
© Myriam Dupuis

Le consommateur français avoue son désamour pour le gigot dominical et la viande ovine ne représente qu’un peu plus de 3 % de la consommation totale de viande en France, soit 1,5% pour la viande ovine d’origine française.

Pourtant, en 2014, 840 000 moutons ont été envoyés à l’équarrissage par les éleveurs dont 339 734 brebis qui ne sont « plus rentables ». Ces « brebis de réforme », environ un demi-million par an, sont achetées par l’État tous les ans et détruites : brûlées avec du pétrole pour être transformées en farines de viande et d’os dont l’usage en élevage terrestre est interdit depuis 2000. Ces farines sont stockées dans des hangars puis incinérées dans des cimenteries, toujours avec de l’argent public. La part des aides et des subventions nationales et européennes dans les filières ovines est importante. On estime en effet que plus de 50 % des revenus des éleveurs d’ovins destinés à la boucherie correspondent à des aides. Économiquement cela est nettement plus sérieux que ce que le loup peut représenter.
Outre les « réformés », environ 400000 moutons meurent suite à des maladies telles que celles mentionnées mais aussi victimes de la foudre, des dérochements et des attaques de chiens divagants dont les chiffres restent assez confidentiels. En revanche, les éleveurs imputent la mort de 9000 moutons au loup ; ce qui, en France, déclenche le paiement de subventions, quand bien même le troupeau n’est pas protégé.

Depuis son retour naturel dans le Mercantour en 1992, la population estimée de loups à fin mars 2016 est de 236 individus, après la mort de 46 loups suite à l’application de l’arrêté ministériel de S. Royal fixant un « plafond » ou nombre maximum de loups pouvant être abattus en France pour l’année en cours (juillet 15-juin 16) à 36 animaux, et ce, sans aucune raison scientifique.
Pourquoi dans ce cas, 46 loups sont-ils morts depuis juillet 2015 ? Parce que certains animaux ne sont tout bonnement pas « décomptés » de ce plafond : 35 loups ont été « chassés » dans le cadre de l’arrêté, 2 braconnés (non décomptés), 6 tués de façon « accidentelle" (non décomptés), 1 cas de mortalité non élucidé (non décompté), 2 cas de mortalité possiblement naturelle (non décomptés).


Transformez l
Transformez l’arrêté en arrêter de tuer les loups !
© Association Green, membre de CAP LOUP

Ainsi, la ministre souhaite mettre en place un nouvel arrêté pour le tir de 6 loups supplémentaires cette saison, écoutant le lobby des chasseurs qui préconisent de tuer les louveteaux au terrier.

Le drame est que tuer ces animaux ne résoudra pas les problèmes structurels de la filière ovine en France, mais cherche-t-on des solutions ou bien des voies pour les prochaines élections ? 
Le loup est pourtant une espèce protégée en Europe par la Convention de Berne (1979) transcrite dans le droit français en 1989 ; il est aussi protégé en France par l’arrêté ministériel du 22/07/1993 mis à jour le 23/07/2007 et inscrit aux annexes II et IV de la directive Habitats Faune Flore de l’Union européenne (92/43/CEE), au titre d’espèce prioritaire. Cela signifie que la France doit veiller à la conservation de l’espèce et de ses habitats. Ce qu’elle ne fait pas.
Les accusations de prolifération dont il est victime ne sont pas crédibles : un super-prédateur ne prolifère jamais sans quoi il mettrait en danger ses populations-proies et donc lui-même. Qui plus est, on sait aussi désormais que le loup est un régulateur aussi bien des animaux malades qu’un protecteur de tout l’écosystème où il vit. Alors le loup, bouc-émissaire facile d’une filière sinistrée ? Pourtant ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on fait baisser la fièvre…

Sources : Ministère chargé de l’agriculture, Institut de l’élevage, Interveb : « l’essentiel de la filière ovine française en 2014 », Docteur F. Moutou dans « le Courrier de la Nature n°285 ».

Voici un lien vers une excellente vidéo de la BBC sur l’impact extrêmement positif de la présence du loup sur l’environnement : « comment les loups changent les rivières »

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ACTIONS NATIONALES TENDUA

TENDUA et le collectif CAP LOUP

TENDUA poursuit au sein du collectif de CAP LOUP, son action pour la protection des loups en France.

Les actions qui ont été menées depuis janvier 2016 :
Le 12 janvier 2016 : la manifestation de Lyon a rassemblé environ 3000 sympathisants pour dire non à l’abattage des loups en France ; le lendemain à Nice, plus de 400 personnes manifestaient aussi en faveur de la présence du loup.

Le 7 mars 2016 : rendez-vous avec le conseiller scientifique de la ministre de l’environnement, M. Gilles Boeuf ; nous avons demandé la fin de la politique des tirs, et avons présenté nos solutions en faveur de la cohabitation avec les loups. En tant que scientifique reconnu, Gilles Bœuf nous a dit partager notre constat et vouloir agir en faveur de la protection des loups. Il nous a assuré que nos demandes seront transmises à la ministre de l’écologie et à Barbara Pompili, récente secrétaire d’État à la biodiversité. Ce rdv initialement prévu début avril a été refusé pour « cause d’agenda trop chargé ».

Le 8 avril 2016 : rendez-vous avec Marie-Hélène Aubert, conseillère environnement du Président de la République François Hollande au niveau international. Nos principales propositions en faveur d’une meilleure cohabitation entre les loups et l’élevage : n’indemniser les éleveurs en cas de prédation que lorsque les troupeaux sont correctement protégés ; vérifier sur le terrain la mise en place effective de moyens de protection adaptés ; améliorer les moyens de protection actuellement subventionnés ; améliorer l’accompagnement technique des éleveurs ; favoriser systématiquement le déploiement des mesures de protection des troupeaux dans les zones de colonisation nouvelle ; développer la recherche de méthodes nouvelles. En conclusion, CAP LOUP semblait avoir été entendu et cette rencontre utile…

CAP LOUP reste fermement opposé à la politique d’autorisation des tirs létaux mise en œuvre depuis le début du plan loup 2013-2017 qui encourage ces tirs au lieu de garantir que tout soit fait pour éviter d’y recourir.
La première demande urgente que nous avons faite est que le projet d’arrêté de tir de 6 loups supplémentaires pour la période 2015-2016 ne soit pas mis en œuvre. TENDUA s’est prononcé contre l’abattage des loups lors de la consultation publique qui a pris fin le 4 mars dernier, comme 90% des réponses à cette consultation (6000 participants).

Malheureusement, alors que les citoyens et les experts sont contre, la ministre de l’Environnement a pris la décision le 25 avril d’autoriser l’abattage de 6 loups supplémentaires par 3 arrêtés successifs autorisant 2 abattages de loups ! Pourtant, la population de loups est en baisse. Nos associations attaquent cette décision prise contre des animaux protégés et désirés par la majorité des Français.
La suite ici : http://www.cap-loup.fr/…/s-royal-...


TENDUA et LES REQUINS

A la Réunion, le requinocide, ça rapporte !

A la Réunion, l’hécatombe se poursuit.
Le post de mars sur notre blog protection-requins.org fait le bilan de la pêche forcenée menée par le Comité régional des pêches maritimes et élevages marins de la Réunion : au moins 67 requins tués par le programme Cap Requins 2 en 10 mois.


72 requins tigres, bouledogues et blanc tués par CAP REQUINS 2 en 11 mois à la Réunion
72 requins tigres, bouledogues et blanc tués par CAP REQUINS 2 en 11 mois à la Réunion
© TENDUA

Depuis, 5 requins de plus ont été officiellement péchés, portant l’hécatombe à 72 squales. La tuerie s’intensifie : 37 requins tués en 3,5 mois en 2016 contre 35 requins péchés en 6 mois en 2015.

Concernant le budget prévisionnel annuel du programme CAP REQUINS 2, le Comité régional des pêches (CRPMEM Réunion : instigateur, coordinateur, contrôleur mais non payeur ni responsable !) l’évaluait à 747 553,70€ en juin 2015 pour « sécuriser par la pêche » sur les 6 communes de la partie balnéaire, 35km du littoral ouest de la Réunion. Ca fait cher l’hameçon…

Début avril 2016 une plainte a été déposée par l’ASPAS et Sea Shepherd suite à la pêche et l’abattage le 15 octobre 2015 d’un grand requin blanc à la Réunion dans le cadre du programme CAP REQUINS 2.
L’animal a vraisemblablement été attiré par l’un des nombreux appâts placés dans la baie de Saint-Paul ; il a été pêché et tué, sur la seule appréciation du CRPMEM qui n’est pas habilité à prendre ce type de décision. L’UICN classe le grand requin blanc parmi les espèces « vulnérables », c’est-à-dire menacées d’extinction. Ce statut a conduit l’Union européenne à interdire la pêche du grand requin blanc (Règlement (UE) 2015/104 du Conseil du 19 janvier 2015).
Cette espèce migratrice est également inscrite aux annexes I et II de la Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage du 23 juin 1979, et à l’annexe II de la Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction du 3 mars 1973. De nombreuses conventions internationales propres à certaines zones géographiques prévoient sa protection dans le monde (Méditerranée, Antarctique, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande…).

Cette pêche est d’autant plus révoltante qu’elle est intervenue dans le cadre d’un programme de pêche que nos associations n’ont de cesse de dénoncer : rien ne démontre que la pêche des requins-bouledogues et des requins-tigres est une solution pour éviter les accidents à la Réunion ; attirant artificiellement les requins près des côtes réunionnaises, ce programme peut même s’avérer contre-productif ; il est mené sans avis ni protocole scientifique, et en toute opacité.


TENDUA soutient l’initiative italienne de nursery de requins fauves en Méditerranée
Le projet Stellaris est un projet italien de recherches et de conservation de la plus importante zone de reproduction connue de la grande roussette (Scyliorhinus stellaris), qui se trouve dans le golfe de Naples. C’est le plus grand requin de ce groupe ; il peut atteindre 2 m de long.


Oeufs de roussette
Oeufs de roussette
© Myriam Dupuis

On le reconnaît aux nombreuses taches noires qui forment un motif de guépard sur le dessus du corps, à son museau court et arrondi et à ses ailerons dorsaux placés très en arrière sur le corps. Cette roussette vit dans toutes les mers qui entourent la France et l’Europe (Méditerranée, Atlantique nord-est, Manche, Mer du Nord).


TENDUA suit le projet de sanctuaire pour les raies et le requins à Fernando de Noronha

Après le courrier envoyé conjointement avec l’association Sauvegarde des requins en octobre 2015 au secrétaire d’État pour l’environnement de l’État de Pernambuco, TENDUA a relancé ses interlocuteurs, à savoir les associations brésiliennes qui nous avaient sollicitées. Il semble que la proposition soit « coincée » quelque part dans un bureau du District de l’archipel de Fernando de Noronha. Les associations écologiques impliquées espèrent pouvoir faire avancer ce projet.


Les contributions de TENDUA début 2016

Février 2016 : illustration avec une photo de TENDUA de l’article de Marie Darrieussecq « la disparition des animaux » sur le blog de Luce Lapin et copains.

Mars-Avril 2016 : illustration de l’article de Alain Sennepin sur « le tigre du Nord, fer de lance de l’avenir » avec 2 photos de tigre de l’Amour de TENDUA dans le Courrier de la Nature n°295.

Avril 2016 : contribution au journal Goupil de l’ASPAS avec un article sur le massacre des requins à la Réunion.

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ACTUS des projets soutenus par TENDUA

Inde : Relâché du premier couple de gibbons hoolock par le programme Huro

En première mondiale, relâché d
En première mondiale, relâché d’un couple de gibbons Hoolock dans la nature
© HURO program -SVAA

Rémi et Robinson ont été relâchés dans le parc national de Nokrek après 7 ans passés au centre de réhabilitation du programme Huro. Les animaux ont pu être suivis jusque récemment ; ils ont découvert et marqué leur nouveau territoire.
C’est une nouvelle page qui commence pour eux.

Bravo à toute l’équipe de SVAA et merci à vous tous car vos contributions ont permis à TENDUA d’aider SVAA depuis 2009.


En première mondiale, relâché d
En première mondiale, relâché d’un couple de gibbons Hoolock dans la nature
© HURO program -SVAA

L’histoire de ces deux gibbons est la suivante : Rémi est une femelle recueillie à l’âge de 7 mois le 4 juin 2009 par l’équipe de SVAA dans un village où elle était détenue depuis plus d’un mois, attachée à un ficus. Sans eau ni nourriture. Elle a sans doute survécu en se nourrissant des feuilles de cet arbre et en buvant l’eau de pluie comme les gibbons sont habitués à le faire. Elle est arrivée au Centre dans un état de santé proche de la mort, présentant une malnutrition sévère ayant causé un œdème abdominal, une déficience immunitaire et une déshydratation proche de 10%.


Robinson relâché avec Rémi dans la nature en février 2016
Robinson relâché avec Rémi dans la nature en février 2016
© HURO program -SVAA

Robinson est un mâle qui a été recueilli à l’âge d’un an par SVAA le 30 Mai 2009. Il était détenu illégalement dans un village d’une zone extrêmement reculée en bordure du parc national de Balpakral, lieu où ses parents ont été abattus en vue de sa capture. L’opération de saisie a été un succès et Robinson rejoignait dans la nuit la clinique de Tura où il a reçu les premiers soins durant plus d’une semaine. Etant donné sa courte détention, il ne présentait qu’une malnutrition modérée rapidement rétablie. Il a répondu négatif à la batterie de tests (Tuberculose, Herpès et Hépatite). Il a formé avec Rémi le premier « couple" de jeunes du centre de réhabilitation.

Et aujourd’hui ils ont retrouvé leur liberté. Rappelons que les gibbons forment un couple pour la vie : c’est donc une belle histoire rendue possible grâce à SVAA et, plus modestement, grâce à TENDUA. Merci à vous tous !


Namibie : Desert Lion Conservation

Les 5 Mousquetaires
Les 5 Mousquetaires
© TOSCO

Dans notre dernière newsletter n°13, nous vous informions que la lionne Xpl-59 âgée de 11 ans avait réussir à « séduire » les jeunes mâles du groupe des 5 mousquetaires arrivant à maturité sexuelle…

Et bien, ce sont de bonnes nouvelles puisque la lionne a été observée avec des petits.


La relève est là pour les lions du désert !
La relève est là pour les lions du désert !
© TOSCO

La génération suivante est donc en bonne voie, en espérant qu’ils échapperont à toutes les menaces.

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AGENDA

Le 15 avril 2016 : lancement de notre chaine « Association Tendua » sur YOU TUBE !

Comme décidé fin 2015, nous avons lancé notre chaine You Tube « Association Tendua  » pour montrer la nature dans tous ses états grâce à vos vidéos. Nous avons besoin de vos contributions, alors à vos GoPro et appareils photo en mode vidéo ! Merci d’avance !

En mai, préparation de la prochaine saison d’éco-volontaires pour les cétacés à la Réunion

Notre partenariat avec le club de plongée le Dodo palmé est renouvelé pour la prochaine saison des baleines à bosse, en espérant qu’elles seront bien au rendez-vous dès juillet prochain !

Pour mémoire : notre article en ligne sur tendua.org :
Les baleines artistes de l’Océan Indien

Vente des tirages de l’exposition « Beautés naturelles »

Suite à l’exposition de novembre 2015, il reste de magnifiques tirages à acquérir, comme ceux des photos des professionnels Frédéric Buyle, Michel et Christine Denis-Huot, Yves Lefèvre, Vincent Munier et Alain Pons.
Contactez TENDUA !


Couverture de la BD sur les requins
Couverture de la BD sur les requins
DR

Parution de la BD de Bernard Séret

Parution dans la collection « la petite bédéthèque des savoirs » de la bande dessinée « Les requins ».
Prix conseillé : 10€
Un duo d’experts s’associe pour nous livrer un ouvrage de vulgarisation scientifique sur les requins. Une BD très documentée et superbement illustrée, qui ravira les curieux et les amateurs de sciences naturelles.
Les auteurs : Bernard Séret et Julien Solé.

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CARNET ROSE

Nouvelle-Zélande : l’otarie à fourrure

L’otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande (Arctocephalus forsteri) vit dans l’océan indien, dans les eaux proches des côtes rocheuses de la Nouvelle-Zélande et du sud de l’Australie. L’espèce n’est pas considérée comme menacée bien qu’elle ait failli disparaître à cause de sa fourrure.


Une jeune otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande à Cap Palliser
Une jeune otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande à Cap Palliser
© Myriam Dupuis

La chasse à l’otarie a d’ailleurs été interdite en 1894. Désormais sa population compte entre 100 000 et 200 000 individus. Les mâles sont pratiquement deux fois plus gros que les femelles. Les femelles atteignent la maturité sexuelle entre 4 et 6 ans et les mâles entre 8 et 10 ans. Le mâle est alors à la tête d’un harem de quelques femelles et la période de reproduction se situe de fin octobre à début janvier. La gestation dure en moyenne 286 jours.

Les petits acquièrent leur pelage d’adulte vers 3 ou 4 mois. Ils sont nourris de lait maternel jusqu’à leur sevrage vers 9-10 mois.
Les records enregistrés de plongée en durée et en profondeur pour les femelles sont de 9,3 minutes et 312 mètres, et pour les mâles de 14,8 minutes et 380 mètres.
A bon entendeur….!!

Otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande au soleil du Parc National Abel Tasman
Otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande au soleil du Parc National Abel Tasman
© Myriam Dupuis

Hier est derrière, demain est mystère, et aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle le présent.
Comme cette otarie, tâchons de profiter au mieux de notre présent !

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