TENDUA - Association pour la sauvegarde de la biodiversité

Newsletter n°11 - Mars 2014

Chers Adhérents et Amis,

Après la microbiologie des sols et le danger que représentent les engrais azotés pour cette faune indispensable à la santé de la terre, il nous semblait intéressant de rappeler l’origine des nitrates qui empoisonnent terre et mer. De fait, ils sont bien issus de l’industrie de la mort... Et ils sont responsables du phénomène accéléré d’eutrophisation.
Après la terre, nous nous préoccupons une fois encore de nos océans. Il est démontré désormais que la surpêche est responsable de la prolifération des méduses. Verrons-nous bientôt les sushis de thon détrônés par des sashimis de méduses ?
Sur le front international, un mail de détresse en provenance du Mozambique nous a orienté vers la déforestation à outrance qui ruine le pays.
En Iran, une étude récente sur les guépards d’Asie laisse peu d’espoir à cet animal fragile.
Pour finir, notre agenda avec la journée internationale des forêts, l’exposition de photo animalière Latitudes animales 2014 et un livre sur les histoires remarquables d’animaux, et notre carnet rose avec un bébé chacal à chabraque. Pour en savoir plus, ...

Bonne Lecture !

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DOSSIERS

Pourquoi ces « nitrates » dans nos assiettes ?

Au mot « nitrates », on pense inévitablement aux engrais et au lisier qui polluent rivières et côtes, à leur présence quasi-systématique quoique dangereuse, dans nos aliments.

Elément essentiel de la « poudre noire »

La « poudre noire », découverte en Chine bien avant que le chimiste français Lavoisier ne détermine que azote et oxygène sont les constituants de l’air mais aussi qu’ils se combinent dans le « nitre » c’est-à-dire le salpêtre (un atome d’azote et de trois atomes d’oxygène : NO3-) au XVIIIe siècle, fut introduite en Europe par les Arabes vers 1230.


Salpêtre, « nitre » ou sel de pierre
Salpêtre, « nitre » ou sel de pierre
© Source : Randomania plus.

Avec le charbon de bois et le soufre, le salpêtre constitue l’un des trois principaux éléments du premier explosif utilisé par l’homme. On sait aujourd’hui que ce « sel de pierre » ou salpêtre que l’on recueillait sur les murs des lieux humides est du nitrate de potassium. Les « salpêtrières » devinrent des lieux hautement gardées et malheur au quidam qui voulait pénétrer ces caves humides où l’on récoltait le salpêtre nécessaire à la fabrication de la poudre à canon, assurant déjà au pouvoir la suprématie par l’efficacité de ses armes...
Au XIVe et au XVe siècle, en Occident, la composition de la poudre était de 6 parties de salpêtre pour une partie de soufre et une partie de charbon de bois. Par la suite, on mit au point des compositions variables selon l’usage auquel la poudre était destinée : mines, chasse, guerre et feux d’artifice.


Feu d
Feu d’artifice de la fête nationale du 14 juillet
© M. Dupuis

Au XVIIe siècle, en France, la production de poudre était assurée par la « Régie royale des poudres et salpêtres » exerçant un droit exclusif pour le compte du roi. Devant les besoins de plus en plus importants en poudre dus aux nombreuses guerres entreprises par Louis XIV, il fallut rénover les anciens lieux de production ou en construire de nouveaux Ainsi, l’industrie des explosifs fut bien historiquement la première utilisatrice des nitrates, qui sont encore à la base des explosifs les plus violents comme la nitroglycérine synthétisée en 1846 par l’italien Asciano Sobrero et stabilisée par Alfred Nobel sous la forme de dynamite ou encore la mélinite et le TNT (trinitrotoluène).

De la chimie à l’agriculture

Au cours de 1840, l’Allemand Justus von Liebig démontre, dans sa « Chimie organique appliquée à la physiologie et à l’agriculture », que seuls les éléments minéraux contenus dans le sol interviennent dans la nutrition des plantes. Parmi ceux-ci, les nitrates jouent un rôle essentiel. Il faut donc rendre à la terre les quantités que la végétation y a prélevées.
Cette hypothèse devient la raison d’être de l’industrie chimique naissante. On ne se préoccupe pas de savoir comment se débrouille la terre sans intervention humaine. Une fois de plus, on ne va pas au bout du raisonnement et on néglige les conséquences de notre intervention... Le chimiste devient dès lors le collaborateur indispensable de l’agriculteur, d’abord pour l’analyse de ses sols, ensuite pour la détermination de la formule de l’engrais nécessaire à la production envisagée.

Le bon sens des agronomes d’alors

Toutefois, cela coûte cher. Pourquoi investir lourdement dans la production d’azote alors que la nature l’offre gratuitement ? Elle a pourvu les sols de bactéries qui transforment les matières organiques en nitrates et les plantes légumineuses savent fixer l’azote de l’air. L’agriculture peut se suffire à elle même. Le travail de l’agriculteur consiste alors à alterner les productions, à apporter les amendements nécessaires, à équilibrer productions animales et végétales, à soigner la qualité du fumier, à perfectionner les charrues, à sélectionner les races les mieux adaptées, pour obtenir du milieu naturel le meilleur de ce qu’il peut fournir, au coût le plus faible. On revient aujourd’hui à cette tradition ancestrale de « laisser faire la nature », après le constat terrible des sols lessivés et malades de tous les pays industrialisés...et autres pays vers lesquels on a exporté nos poisons pour des raisons « économiques »....

Des explosifs aux engrais

A l’époque, tant que les nitrates resteront un produit industriel de luxe, ce discours de bon sens sera entendu. Les grands travaux de la fin du XIXe siècle, et surtout les conflits armés, viennent changer la donne. Il faut de plus en plus de nitrates pour les explosifs !
Mais où trouver la matière première ? Combiner l’azote et l’oxygène de l’air apparaît comme une solution évidente mais, même si les produits de base sont gratuits, les procédés sont très coûteux .


explosions
explosions
© internet

Le conflit mondial de 1914-18 accélère le développement de cette industrie et permet la naissance et l’enrichissement de grands groupes chimiques encore célèbres aujourd’hui.

La guerre terminée, que faire de tous ces stocks de produits azotés de synthèse ? L’agriculture devient un débouché naturel. C’est l’époque où des affiches invitent les agriculteurs au patriotisme agricole : « Fertiliser ses terres, c’est servir son pays ». Pour autant l’agriculteur ne se laisse pas si facilement convaincre.
Le décollage de l’industrie des nitrates se fait après la deuxième guerre mondiale. Les « liberty ships » du plan Marshall déversent sur l’Europe les énormes surplus de nitrates libérés par l’industrie de guerre américaine. Il faut reconstruire les villes, il faut nourrir les populations tout en prélevant dans le milieu agricole l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire.


En 1975, l
En 1975, l’herbicide total Roundup est mis sur le marché et connaît un très grand succès.
© Source : internet.cf. http://www.combat-monsanto.org/spip...

Il faut surtout fourbir les armes d’une nouvelle guerre, une guerre « froide » qui se mène d’abord sur le terrain de l’économie. La course au rendement est lancée. C’est le début des « Trente glorieuses » et du règne productiviste.
Cf. http://www.combat-monsanto.org/spip...

Règne qui s’achève aujourd’hui, nous laissant, au nom du progrès, face à un gâchis environnemental dont nous ne savons si nous pourrons nous en remettre, les appétits productivistes n’étant ni assouvis ni ne tenant compte des erreurs passées...

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Nitrates et eutrophisation des rivières et plans d’eau

Phénomène naturel sur le long terme (... milliers d’années) qui transforme au fur et à mesure un plan d’eau en marais, puis en prairie et enfin en forêt, l’eutrophisation révèle que les capacités d’auto-épuration d’un milieu aquatique sain ont atteint leurs limites, de façon ponctuelle ou chronique.


Eutrophisation naturel d
Eutrophisation naturel d’un plan d’eau, réserve naturelle de la région de Kalouga, Russie
© M. Dupuis

En effet, un milieu sain contient une bonne biodiversité avec plein de nutriments, des poissons, et donc un bon taux d’oxygène dans l’eau.

Or, les polluants et autres engrais extérieurs utilisés dans les cultures alentours se déversent naturellement dans les plans d’eau les plus proches… Les engrais permettent aux cultures de pousser plus vite ; dans l’eau, ils ont le même effet sur les algues et autres plantes aquatiques qui, de fait, se développent et entrent en compétition pour l’oxygène avec les autres espèces. L’équilibre naturel est donc bouleversé, l’écosystème s’appauvrit, les plantes et algues gagnent du terrain : c’est l’eutrophisation. Nombre de nos plans d’eau sont touchés aujourd’hui par ce phénomène dû principalement aux pollutions additionnelles telles que les épandages agricoles et les rejets industriels et urbains (lessive, produits ménagers...).

Les solutions : la déseutrophisation


Comme souvent, il existe divers moyens de lutte et d’atténuation (« déseutrophisation »). Ainsi, si la technologie est au rendez-vous, c’est la responsabilité individuelle et le courage politique qui brillent par leur absence. Exemples de ce que l’on pourrait faire :
* diminuer l’utilisation de pesticides et leur arrivée dans les cours d’eau où, en tuant de nombreux organismes, ou en limitant la flore « supérieure », ceux-ci peuvent contribuer à aggraver l’eutrophisation ou à l’induire ;
* procéder à l’analyse agronomique des sols et privilégier les engrais naturels ;
* diminuer l’utilisation de polluants eutrophisants dès l’amont du bassin versant ;
* aménager des bassins versants reconstituant des réseaux de bocage, talus, haies, et bandes enherbées, suffisants en taille et cohérents avec le relief et la pédologie (étude des sols) ; le ruissellement des eaux pluviales peut favoriser l’entrainement de nutriments comme le phosphore qui seront mieux retenus si les capacités d’infiltration du sol sont restaurées ;
* protéger et restaurer des zones-tampons (idéalement combinant une forêt riveraine et et des bandes enherbées) entre les champs et les cours d’eau ;
* remplacer partout les phosphates des lessives par des agents anti-calcaires sans impact sur l’environnement ;
* mieux éliminer l’azote et le phosphore dans des stations d’épuration (qui peuvent être équipées de procédés de dénitrification et de déphosphatation) et de lagunage tertiaire ou fonctionner sur le principe du lagunage naturel.

Bon alors, on commence quand ???


Algues vertes dans la baie de Douardenez
Algues vertes dans la baie de Douardenez
Les algues vertes (ulves) se nourrissent préférentiellement d’azote qui est en faible quantité dans le milieu marin en particulier du printemps jusqu’en automne. Dans des zones côtières confinées, les apports plus ou moins continus de nitrates, substances chimiques naturelles participant au cycle de l’azote, proviennent des rivières se déversant directement dans le milieu marin. Ces nitrates favorisent alors le développement excessif des algues vertes. - © L.Mignaux

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ACTUALITES INTERNATIONALES

MONDE : êtes-vous prêts à manger des méduses ?

Source : Universcience

Mangerons nous des méduses dans les années à venir ? C’est bien possible, car il y a de plus en plus de méduses et de moins en moins de poissons dans les océans. Une étude parue dans Bulletin of marine science, réalisée par Philippe Cury de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), démontre que la prolifération des méduses est due à la surpêche des petits poissons pélagiques. Sardines, harengs, anchois se nourrissent comme les méduses de zooplancton.


La chaîne alimentaire des méduses
La chaîne alimentaire des méduses
© internet

Dans les zones où les poissons sont prélevés en trop grand nombre, ils libèrent une niche écologique et les méduses peuvent alors prospérer. Qui plus est, les poissons mangent les œufs et les larves de méduses. En l’absence de poissons, les méduses n’ont plus de prédateurs, et sont libres de se multiplier.

Pour mettre en évidence le rôle de la surpêche, les chercheurs ont comparé deux écosystèmes situés dans le courant de Benguela, au sud de l’Afrique. Le premier, situé au large de la Namibie est une zone de pêche intensive. Les méduses y pullulent et remplacent les poissons disparus. Dans le second, 1000 km plus au sud, la pêche est au contraire très réglementée depuis 60 ans et la population de méduses n’a pas augmenté.


La Pelagia noctiluca en Méditerranée
La Pelagia noctiluca en Méditerranée
© M. Dupuis

Le bon sens nous pousse à penser qu’il faudrait sans plus tarder cesser de pêcher comme nous le faisons et écouter un peu plus les recommandations des scientifiques. Mais le bon sens n’est-il pas la chose la moins bien répartie en notre monde actuel ? ... Comme nous avons maintes occasion de le constater, les intérêts économiques, financiers, politiques sont bien plus importants que l’avenir de notre planète, de nos océans, de nos enfants, bien que tout ce qui détruit l’environnement se fasse en leur nom...
Donc si vous aimez le poisson, choisissez bien votre poissonnier !


Label poissonnier responsable
Label poissonnier responsable
© M. Dupuis

Et aussi, à voir :
Le règne des méduses, un film de Laurent Lutaud (2013)
http://www.docu-films.fr

Le pitch : depuis une dizaine d’années, de petites méduses violettes reviennent chaque été sur les plages de Méditerranée. D’autres sont en passe de coloniser la mer du Nord ou s’échouent par milliers sur la côte atlantique… Ces vagues de méduses témoignent d’un déséquilibre de l’écosystème marin dont on comprend encore mal les causes et la portée. Elles intriguent également la communauté scientifique qui se mobilise depuis 10 ans pour tenter de comprendre ce phénomène de prolifération.

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MOZAMBIQUE : la destruction systématique des forêts

Sources : Courrier International

L’exploitation des bois exotiques mozambicains prospère en dehors de tout contrôle et sur fond de corruption.

Quelques chiffres

Pratiquement 70% du Mozambique (54,8 millions d’hectares) sont (ou étaient...) couverts de zones forestières. Environ 80% de la population, soit 16 millions de personnes vivent dans des zones rurales, où la pauvreté sévit pour plus de 50% des habitants. Cette population rurale dépend de la forêt. Malgré la découverte d’importants gisements de gaz et de charbon, la population mozambicaine cuisine toujours majoritairement au bois et au charbon végétal. Durant la guerre civile (1981-1992), les Mozambicains ont détruit des milliers d’hectares de forêt. Aujourd’hui encore, ils sont contraints, faute d’autres solutions économiquement accessibles, d’abattre des arbres pour construire des maisons et cuisiner. Ainsi près de 20 millions de m3 de bois chaque année sont brûlés (soit 85% de l’énergie consommée)....


Mozambique
Mozambique
© internet


Selon l’Inventário Forestal Nacional [Inventaire forestier national], 0,58 % du patrimoine forestier du Mozambique, soit 219 000 hectares, disparaît chaque année (2008)...et ce, depuis plusieurs années déjà...

Malheureusement, ce n’est pas tout...

Si la pauvreté des populations rurales est une des causes de cette déforestation, les camions que l’on croise sur les routes du pays, chargés de troncs gigantesques, sont dramatiquement plus responsables de la déforestation. Ces troncs servent à fabriquer des meubles, en Chine, où le marché en pleine expansion exige des quantités faramineuses de bois, mais également en Indonésie et en Inde, souvent pour une consommation finale dans les pays occidentaux.

Le bois mozambicain est d’excellente qualité et bon marché. Les appétits féroces qu’il suscite entraînent la destruction lente mais constante d’immenses zones forestières dans les provinces du centre et du nord du pays, en particulier celles de Sofala, de Zambézie et de Cabo Delgado.


Forêt sèche de l
Forêt sèche de l’extrême Nord du Mozambique, province de Cabo Delgado
© O. Pascal

Journaux locaux et associations dénoncent régulièrement le pillage des forêts, mais le trafic continue.

Un trafic illégal, un système corrompu

Déforestation aux environs de Palma, Province de Cabo Delgado, Nord du Mozambique
Déforestation aux environs de Palma, Province de Cabo Delgado, Nord du Mozambique
© MNHN

Les trafiquants prennent contact avec les autorités locales. Dès qu’ils obtiennent le feu vert pour exploiter la forêt, ils recrutent des pisteiros [pisteurs] pour dénicher les essences précieuses. Ils engagent ensuite des gens du coin, appelés pingo pingo, qui abattent les arbres et les chargent dans les camions.


Une simple licence pour abattre un arbre de bois dur dans la réserve forestière de Meceburi, Mozambique
Une simple licence pour abattre un arbre de bois dur dans la réserve forestière de Meceburi, Mozambique
© M. Goldwater


Pour pouvoir exporter le bois, il faut ensuite obtenir l’autorisation de trois institutions : la douane, les services provinciaux des forêts et de la faune et les directions de l’industrie et du commerce des provinces concernées. Les acheteurs ne se salissent pas les mains, ils restent dans l’ombre et attendent dans les villes portuaires. Le trafic illégal de bois est un problème connu de tous et les autorités déplorent leur propre incapacité à s’opposer à un système mieux structuré que leurs services. Les communautés locales elles-mêmes protègent les bûcherons illégaux. “Souvent, ce sont justement les habitants de ces zones qui abattent les arbres et quand nous leur demandons pourquoi, ils répondent qu’ils ont besoin de cet argent pour survivre”, explique un représentant de l’administration de Mocuba, cité par Savana. 

Les autorités mozambicaines saisissent chaque année de grandes quantités de bois précieux. Si le nombre des saisies et des amendes augmente, le volume des exportations illégales reste immense. Et malgré l’instauration de nouvelles règles, le bois brut continue d’être exporté, surtout vers les pays asiatiques. En juillet 2011, une entreprise chinoise a été sanctionnée pour avoir abattu 10 % d’arbres de plus que la quantité autorisée. L’essence du bois coupé doit figurer à l’encre indélébile sur les troncs. Ces indications servent à déterminer les taxes d’exportation qui s’appliquent. Selon le quotidien local O Pais, les grumes saisies en 2011 portaient des inscriptions à la craie indiquant un bois de seconde catégorie, alors qu’il s’agissait en réalité d’ivoire rose (Berchemia zeyheri), une variété protégée. 



Berchemia zeyheri ou l
Berchemia zeyheri ou l’ivoire rose
© internet


ivoire rose transformé...
ivoire rose transformé...
© internet

Après...


Ce trafic prospère sur fond de corruption. A l’appui de leur influence politique, les exportateurs de bois soudoient les employés des entreprises portuaires pour que les grumes ne soient pas déclarées. De nombreux dirigeants soupçonnés d’être impliqués dans ce trafic ont été arrêtés mais, quand on cherche à en savoir plus, les autorités sont rarement disposées à fournir des détails, probablement par peur de représailles du crime organisé. 



Mécontentement

Ce sont les gangs qui déterminent les prix du bois. Face à ce problème, les petits exploitants forestiers commencent à s’organiser en associations. Lors d’une réunion qui s’est tenue en juin 2012 à Beira, ces derniers ont manifesté à cette occasion leur mécontentement vis-à-vis du gouvernement, par lequel ils se sentent “abandonnés”. A ce jour, il n’existe pas de barème des prix du bois. L’exploitation commerciale engendre une dégradation des forêts et ouvre la voie à d’autres activités nuisibles à l’environnement, comme la production de charbon végétal, prévient le Centre pour la recherche forestière internationale (Cifor) dans un rapport publié en 2012. 


Projets de reboisement...bien mais insuffisant


Le long de la route reliant le Mozambique à l’Afrique du Sud, les arbres sont rares. C’est une vaste étendue aride qui défile sous les yeux, avec seulement une hutte de loin en loin.
Plusieurs ONG internationales financent des projets de reboisement, dans des zones à présent dénuées de toute végétation, comme à Massaca, dans la périphérie de Maputo. Ce village est dans une situation catastrophique du point de vue environnemental : son patrimoine forestier a été complètement détruit. Antonio Cossa, du Service départemental des activités économiques de Boane, se souvient du temps où Massaca était une région verdoyante. “Dans les années 1980, le village n’existait pas encore. C’était une forêt touffue. Il y avait juste quelques charbonniers qui coupaient du bois pour le transformer en charbon et le vendre à Maputo. Aujourd’hui, il n’y a plus un seul arbre.” 

Le charbon utilisé par les Mozambicains est issu du bois récolté dans les forêts naturelles sans aucun contrôle et sans que le reboisement soit jamais envisagé. Les politiques actuelles vont dans la bonne direction, mais, dans la pratique, rien n’est réellement mis en œuvre pour faire appliquer la loi. Pourtant, en juillet 2011, le président Armando Guebuza a reçu le prix de la Terre du Fonds mondial pour la nature (WWF) pour ses efforts en faveur de la protection des ressources naturelles, incluant notamment des campagnes de sensibilisation des enfants à la reforestation. Peut-être est-ce cependant encore trop peu pour changer les mentalités selon lesquelles, pour reprendre l’expression de l’écrivain mozambicain Mia Couto, les arbres sont “des ennemis à abattre”.

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IRAN : les scientifiques estiment la population de guépards sauvages en Asie à quelques 70 individus

Source : AFP
Le guépard d’Asie est l’un des animaux le plus en danger d’extinction. Une étude récente vient de mettre en évidence qu’il est désormais quasi-obligé de s’attaquer au bétail dans les zones où ses proies naturelles sont en déclin. Une équipe internationale de scientifiques a mené l’enquête sur plus de 5 ans dans deux réserves du Nord-Est de l’Iran, près de la frontière turkmène.


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L’un des animaux les plus menacés
© internet

Les scientifiques ont étudié les excréments des félins là où leurs proies naturelles sauvages avaient diminué suite à la pression des braconniers. L’une des conclusions à laquelle ils sont arrivés est que les félins s’étaient mis à chasser des animaux domestiques car ils ne pouvaient pas survivre sur des proies plus petites.

Les zones étudiées ont une population d’ongulés sauvages tels que les gazelles, antilopes de petite taille et de taille moyenne, moutons et chèvres sauvages très en baisse. Les résultats montrent que si les rongeurs et autres lièvres font partie du régime des félins, ils ne constituent pas une source suffisante de nourriture. Selon cette même étude, les guépards se nourrissent principalement d’herbivores de taille moyenne, prélevés sur le bétail si nécessaire. « Le lièvre ou le lapin ...[représentent] une part très importante de leur régime. Mais c’est dépenser tellement d’énergie pour si peu de nourriture que cela n’est pas durable », explique le Dr Laurie Marker, fondatrice et directrice du Fond de Conservation des Guépards (the Cheetah Conservation Fund) en Namibie, qui a collaboré à l’étude iranienne.

L’étude indique également que les éleveurs locaux ne semblent pas au courant des attaques des guépards d’Asie sur leur bétail, peut-être parce que les félins sont excessivement rares .
Mais afin d’éviter de futurs conflits avec les communautés locales, les scientifiques recommandent de renforcer la réglementation anti-braconnage et d’adapter les autres activités des réserves aux besoins du guépard d’Asie .
« Après la révolution, les réserves, qui étaient sacro-saintes avant, ont été ouvertes aux collectivités », a déclaré le Dr Marker . »[Les guépards] sont dans les réserves et les réserves ont connu un afflux important d’éleveurs y amenant leur bétail, ce qui a réduit l’espace possible pour les proies naturelles lesquelles ont été poussées dehors . "
Selon l’étude, en imposant des zones de non-pâturage, le guépard d’Asie aurait une meilleure chance d’accéder aux ongulés sauvages dont il a besoin.


Guépards : danger & espoir
Guépards : danger & espoir
© internet

Le guépard d’Asie en Iran a été comparé au panda en Chine, ou le tigre en Inde, comme un symbole de la conservation de la faune .
Certains experts ont estimé cette sous-espèce à environ 200 individus dans les années 1970, mais le Dr Marker estime la population actuelle à seulement 70 guépards asiatiques à l’état sauvage, tous en Iran.

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AGENDA

Le 15 mars 2014 : la désobéissance civique se mobilise avec le Kit anti-requins 2014

Pour une fois, il ne s’agit pas d’animaux en danger, mais des requins de la finance. Ce petit livret que vous pouvez vous procurez depuis le 15 mars denier dénonce les agissements de 3 grands acteurs économiques que sont BNP-Paribas, Unilever et Société Générale.
Société Générale soutient le projet Alpha Coal en Australie, soit l’exploitation et l’exportation annuelle de 30 millions de tonnes charbon vers les marchés asiatiques.
Selon Attac,

« la Société Générale a également investi 1,9 milliards d’euros dans les mines de charbon entre 2005 et mi-2013. En soutenant Alpha Coal, la SG contribue à transformer la Grande Barrière de corail en une autoroute maritime du charbon. Ignorant le risque majeur que fait peser le développement du charbon sur ce patrimoine mondial, SG soutient donc un projet qui menacerait la biodiversité et les habitats d’espèces protégées. Alpha Coal capterait l’essentiel des ressources en eau de la région, de quoi perturber le système hydrique et mettre en danger les populations et l’agriculture pour lesquels les ressources souterraines d’eau sont primordiales. De plus, ce sont 50000 personnes qui verront leur emploi disparaître en raison de la destruction de la Grande Barrière de corail.
Société Générale est également engagée à hauteur de 15M€ dans la société polonaise PGNiG SA, leader en Pologne dans le développement du gaz de schiste. »

Il est toujours intéressant de savoir comment notre banque utilise nos dépôts, n’est-ce pas ? Et de se poser la question si, en tant que consomm’acteur, l’on cautionne les choix d’investissement de la Société Générale ...?

Le 21/03/2014 : journée internationale des forêts

Suite à l’Année Internationale des Forêts en 2011, l’Organisation des Nations Unies a souhaité instaurer une journée mettant les forêts à l’honneur : le 21 Mars est ainsi devenu la Journée internationale des forêts.
Partout dans le monde sont organisés des événements pour valoriser, protéger et fêter les forêts.

« Quelle forêt voulons-nous ? Tout dépend des hommes que nous souhaitons être. C’est dans la forêt que tout a commencé, et c’est dans la forêt que se joue l’avenir de l’homme. »


Jacques Perrin, parrain de cette première édition.

Du 3 au 8 Avril 2014 : Latitudes animales 2014 à Drancy


Latitudes animales 2014
Latitudes animales 2014
© T. Crocetta

Recommandation de lecture : Histoires remarquables

parution chez Delachaux et Niestlé, texte de François Moutou et illustrations de François Desbordes


DR


CARNET ROSE

Le chacal à chabraque (Canis mesomelas) n’a pas toujours bonne réputation. Opportuniste, charognard, Il est omnivore, mais se nourrit généralement d’insectes, de rongeurs, de lézards, de fruits et de charognes. Prédateur, il devient facilement la proie des léopards, des lions, des hyènes, guépards, lycaons, pythons et gros rapaces.
Il peut mesurer jusqu’à 1 mètre de long, 40 cm au garrot et peser 11 kg. Ses noms vernaculaires, « chacal à chabraque » ou « chacal à dos noir », font référence à la bande de pelage noir qui recouvre son dos, de la tête jusqu’au bout de la queue de l’animal.
Le couple s’unit pour la vie. La durée de la gestation est de 60 jours. La portée compte en moyenne quatre petits. Les couples gardent leur progéniture avec eux pendant un an pour les assister durant la chasse.


Bébé chacal au terrier
Bébé chacal au terrier
© M. Dupuis


Il y a quelqu
Il y a quelqu’un ?
© M. Dupuis


Après repas...
Après repas...
© M. Dupuis

Les parents s’occupent avec tendresse de leur progéniture et on voit bien qu’elle ne manque de rien !

Merci et à bientôt !

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