TENDUA - Association pour la sauvegarde de la biodiversité

Newsletter n°10

Chers Adhérents et Amis,

En août 2013, l’humanité, par sa consommation effrénée, a dépassé la capacité de régénération de la Terre. Cette information n’a pas fait grand bruit et nous continuons de consommer, en croyant, à tort, que la technologie nous sauvera. Or, c’est en baissant notre consommation sur tous les plans que nous pourrons peut-être changer la donne ...
Les gaz de schiste sont présentés comme une solution pour notre avenir énergétique : nous essaierons d’expliquer en quoi cela est un leurre. La croissance n’est plus une solution viable.

Un autre aspect de notre surconsommation est l’envahissement par nos déchets. Nous avons déjà parlé de la pollution océanique dans notre Newsletter n°5. Nous rappelons leur délai de dégradation dans la nature : réduisons-les et ne jetons pas ce qui reste n’importe où !

Autre milieu en cours d’épuisement : les océans, soit les 2/3 de notre planète. Une étude vient affirmer ce que l’on pouvait craindre : nos océans sont malades. Tout de même, une bonne initiative du côté des îles Pitcairn : le projet de création de la plus grande zone marine protégée au monde. Malheureusement, en Basse Californie, 3 échouages inexpliqués d’animaux rares se sont produits en 8 jours.

En France, le 3e Congrès international des zones marines protégées IMPAC3 s’est tenu à Marseille : des paroles, des écrits mais quels actes, à partir de quand et comment ??
En France toujours, la pêche amateur a prélevé plus de 20 000 tonnes de poissons en 2012.

Pour finir sur une note optimiste, dans les Pyrénées, une vidéo de l’ourse Hvala montrant à ces deux oursons comment se frotter à un arbre.
Enfin notre agenda et pour notre carnet rose, un bébé olinguito. A quoi ça ressemble ?
Pour en savoir plus, ...

Bonne Lecture !

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DOSSIERS

Fracturation hydraulique et Gaz de schistes

Source : AFP

Le Conseil constitutionnel devait se prononcer début octobre sur la question de l’exploitation des gaz de schistes en France. Le 11 octobre, une fin de non recevoir était adressée aux industriels par le Conseil constitutionnel, confirmant l’interdiction de la fracturation hydraulique en vigueur depuis 2011. Toutefois, si la loi prévoit l’interdiction du gaz de schiste par fracturation hydraulique, elle n’interdit ni l’exploration, ni l’expérimentation.

Manifestations

A l’occasion de la journée internationale contre le « fracking » le 19/10/13, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes en France contre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Bien sûr, la décision récente du Conseil Constitutionnel a été bien accueillie, mais il ne faut pas baisser la garde. De fait, l’article 2 de la Loi Jacob de juillet 2011 n’est pas remis en cause et les forages pour l’expérimentation et l’exploration sont toujours autorisés ; quant aux permis de forage, ils n’ont pas été retirés.

Comment ça marche ?

Cette technique relativement ancienne (1947), inventée pour les gisements d’hydrocarbures conventionnels, a vu son intérêt renouvelé par son association au forage horizontal (développé, lui, à partir de 1980).
La « fracturation hydraulique » est un procédé d’extraction d’hydrocarbures, en créant des fissures dans la roche pour laisser gaz et pétrole remonter dans les puits de forage.
Un puits est foré à une profondeur de 1000 à 4000 mètres (eh oui !), qui est consolidé par un coffrage en béton. Le puits peut être vertical, incliné ou horizontal. Il arrive aussi que la fracturation soit pratiquée à proximité de la surface.
Une charge explosive est alors placée afin de fracturer le schiste, où se trouve le gaz.
Un liquide de fracturation, mélange d’eau, de sable et de solvants chimiques, est alors envoyé sous très haute pression (600 bars) dans le puits afin de fissurer et micro-fissurer la roche. Le sable maintient les fissures ouvertes. Le gaz est chassé vers la surface.
Que devient le liquide de fracturation ? 50 à 70% restent dans la couche de schiste, le reste remonte par le puits. Bien sûr, il arrive que le coffrage en béton se fissure sous la pression et que le gaz ET le liquide s’échappent du puits à travers les roches poreuses, éventuellement jusqu’aux nappes phréatiques...


© source internet

En surface, c’est au tour des camions d’évacuer le liquide de fracturation. Ces camions, jusqu’à 200 dans le Bassin de Marcellus aux Etats-Unis, évacuent le liquide récupéré vers des usines de retraitement, ainsi que le gaz. Une lourde infrastructure est nécessaire car il s’agit de stocker le gaz (stockage et acheminement du gaz par un pipe-line), le sable et l’eau, mais également de mettre en place un système de « dépollution » des matériaux utilisés.
Une animation bien faite : http://app.owni.fr/gaz/

La destruction de l’environnement

Mais le gaz et le liquide de fracturation qui n’ont pas été canalisés doivent trouver une échappatoire : le gaz remonte dans les conduites d’eau courante, l’eau courante se charge de substances (parfois radioactives) issues du liquide de fracturation, le gaz s’échappe du lit des rivières, la qualité de l’air se dégrade... Autant de risques pour la santé des personnes et de la nature, l’une étant indissociable de l’autre.
Et il ne faut pas se leurrer : c’est bien de notre consommation énergétique dont il s’agit, et plus précisément l’énergie carbonée responsable du réchauffement climatique. En forant ces puits, nous détruisons notre environnement et ne faisons que reporter l’échéance inévitable de la fin des ressources en énergie fossile et de notre remise en question.


© internet

A ce sujet, nous vous recommandons un film d’animation d’une trentaine de minutes qui expose clairement la question de notre mode d’exploitation des énergies fossiles et des ressources naturelles, ses conséquences au niveau planétaire et l’impasse où nous mène notre modèle de croissance.
VF : « Sans lendemain » de Dermot O’Connor

Des estimations fluctuantes

Quelles sont les réserves estimées en gaz de schiste et à quoi cela correspond-il ? Les seuls chiffres disponibles au niveau mondial sont ceux de l’US EIA (US Energy Information Administration), et ces derniers sont basés sur une compilation d’études qui suscitent la polémique.
Le 10 juin 2013, l’agence a livré sa dernière étude. Elle passe en revue 137 gisements dans 41 pays : au total, elle évalue à 345 milliards de barils la quantité de pétrole de schiste techniquement extractible, soit dix fois plus que son estimation de 2011. Est-ce pour justifier les forages massifs entrepris aux USA, aux dépens des populations ? Les réserves de gaz de schiste sont, elles, réévaluées de 10 % pour atteindre 207 000 milliards de m3. Tout est à craindre quand on lit que la Chine serait le pays le plus riche au monde en gaz de schiste (31 500 milliards de m3) et le 3e pour le pétrole de schiste (32 milliards de barils). Les Etats-Unis, eux, se placeraient au 4e rang pour le gaz et au 2e pour le pétrole. L’Argentine, la Russie, l’Algérie, le Canada et le Mexique figurent également en tête de liste.


DR

Source : U.S. basins from U.S. Energy Information Administration and United States Geological Survey ; other basins from Advanced Resources International (ARI) based on data from various published studies.

Taux de productivité et de récupération ... pas si bons

Au final, seuls l’exploration et des tests de production permettent de déterminer à la fois la productivité de chaque puits – sa quantité en hydrocarbures – et le taux de récupération, qui mesure la partie du gisement techniquement extractible. En moyenne, l’EIA estime ce dernier entre 20 et 30 %, en se basant sur les caractéristiques des roches américaines. Mais pour l’IFPEN, il pourrait être inférieur à 10 % dans le Bassin parisien, ou même nul par endroits.

Exemple : la Pologne, à laquelle l’EIA avait fait miroiter de premières estimations mirobolantes (en 2011, il s’agissait de gisements de 5 300 milliards de m3), a déchanté après une trentaine de forages exploratoires effectués sur trois sites. Les réserves ont été revues à la baisse en mars 2012, divisées par dix par l’Institut national de géologie, et le géant Exxon Mobil s’est retiré du pays.


© internet

Même aux Etats-Unis, actuellement le seul pays qui exploite à large échelle les gaz et huiles de schiste, la productivité des puits et le taux de récupération font encore débat. Avec d’autres facteurs qui interviennent, tels que le coût de l’extraction et l’opposition d’une partie de l’opinion, rien ne garantit que les USA tireront toujours autant profit de leur sous-sol.
Et puis, si l’on préfère quand même croire en l’avenir des gaz de schiste, étant donné notre consommation énergétique galopante, ces réserves ne permettront d’assurer nos besoin énergétiques que quelques années au prix de la destruction à très long terme de notre environnement.


© internet

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Nos déchets : à quelle vitesse se dégradent-ils naturellement ?

Source : consoglobe.com

On vous le dit, on vous le répète : ne jeter pas vos déchets dans la rue ni dans la nature ! Mégot, allumette, chewing-gum, canette ou autre mouchoir en papier y restent longtemps, parfois très, très longtemps.
Dans le monde, 4 300 milliards de mégots de cigarettes sont jetés dans les rues chaque année, soit 137 000 mégots par seconde. Alors, notre Terre est-elle une poubelle ?
Voici une sélection d’objets ou produits avec leur durée de vie « naturelle » : en combien de temps se dégradent-ils sans intervention extérieure, dans la nature ?

Durée de vie des déchets les plus rapidement « biodégradables »

Papier toilette : 2 semaines à 5 mois !!!!!
Trognon de pomme : 1 à 5 mois
Mouchoir en papier : 3 mois
Pelure de fruit : de 3 à 6 mois
Papier journal : de 6 à 12 mois
Brique de lait : jusqu’à 5 mois
Allumette : 6 mois

Déchets se dégradant entre 12 mois à 10 ans

Mégot de cigarette : de 1 à 5 ans
Ticket de bus ou de métro : environ 1 an
Gant ou chaussette en laine : 1 an
Papier de bonbon : 5 ans
Chewing-gum : 5 ans
Huile de vidange : 5 à 10 ans
Planche en bois (peinte) : 13 à 15 ans


Dégradation des déchets dans le sols
Dégradation des déchets dans le sols
© ©Ademe

NB :

  • Un mégot est susceptible à lui seul de polluer 500 litres d’eau ; 1 m3 de neige est pollué par 1 mégot.
  • Un litre d’huile peut couvrir 1000 m2 d’eau et ainsi empêcher l’oxygénation de la faune et de la flore sous-marine pendant plusieurs années. De plus, rejetée dans le réseau des eaux usées, l’huile usagée colmate les filtres dans les stations de traitement de l’eau et perturbe les processus d’épuration biologiques.

Déchets se dégradant entre 10 ans à 1000 ans

Césium 137 : 30 ans
Boîte de conserve : 50 ans
Récipient/objet en polystyrène : de 50 à 80 ans
Briquet plastique : 100 ans
Canette en acier : 100 ans
Canette en aluminium : de 10 à 100 ans
Pneu en caoutchouc : 100 ans
Boîte en aluminium : 100 à 500 ans
Cartouche d’encre : 400 à 1000 ans
Pile au mercure : 200 ans
Couche jetable : 400 à 450 ans
Serviette /tampon hygiénique : 400 à 450 ans
Sac en plastique : 450 ans
Filet de pêche moderne : 600 ans

Durée de vie des déchets les plus résistants

Carte téléphonique : 1000 ans
Bouteille en plastique : 100 à 1000 ans
Forfait de ski : 1000 ans
Polystyrène expansé : 1000 ans
Verre : 4 à 5000 ans

Durée de vie des déchets nucléaires

Iode 131  : 8 jours
Iode 125  : 60 jours
Radium 226 : 1600 ans
Carbone 14  : 5700 ans
Plutonium 239  : 24 000 ans
Potassium 40  : 1,3 milliard d’années
Uranium 238  : 4,5 milliards d’années (l’âge estimé de la planète Terre...)

Alors, êtes-vous prêts à faire attention à vos déchets, à revoir votre consommation ?

Et n’oubliez pas que tout ce qui est jeté dans la rue finit dans la mer. Merci !


© internet

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ACTUALITES INTERNATIONALES

MONDE : les océans sont malades

Source : AFP
Le classement opéré a été mis au point par des chercheurs américains et canadiens, qui ont étudié 171 zones économiques exclusives (ZEE) qui s’étendent jusqu’à 200 milles nautiques des côtes et sont de la responsabilité des pays côtiers.
Les chercheurs ont étudié dix domaines différents, parmi lesquels la fourniture de nourriture, la qualité de l’eau, la pêche artisanale, les capacités de séquestration du carbone, le tourisme et la biodiversité.
Benjamin Halpern (Université de Californie), un des responsables de l’étude, a indiqué à l’AFP que c’était « la première fois que l’on comparaît et combinait directement des dimensions très différentes -écologiques, sociales, économiques, politiques- qui définissent un océan en bonne santé ».

« C’est un outil important pour évaluer où on en est et où on veut aller », a-t-il souligné.
Très bien, on a les outils, mais justement sait-on où veut-on aller ?...

L’étude publiée en octobre 2013 fait apparaître un état souvent médiocre des océans.
Au classement de la qualité des eaux, l’île de Jarvis, un petit territoire inhabité du Pacifique sud appartenant aux Etats-Unis, est la 1re avec un score de 86 points sur 100, conjointement avec d’autres îles désertes du Pacifique.
« De toute évidence, la présence humaine a un impact négatif substantiel sur l’océan, et les scores sont en relation inverse avec la population côtière », note l’étude, publiée dans la revue scientifique Nature. Et près de la moitié de la population mondiale vit près des côtes...

En haut du palmarès, les Seychelles, un des seuls pays en développement sont classées dans les 12 premiers, où l’on retrouve aussi le Surinam, et l’Allemagne au 4e rang, en tête des pays habités avec un score de 73 sur 100. Ces deux pays sont talonnés par la Polynésie française (72 sur 100). La France obtient 66 sur 100, juste derrière la Russie (67) et les Antilles Françaises (54).
La Pologne et Singapour se retrouvent en bas de l’échelle. Onze pays d’Afrique occupent les dernières places du classement, avec des scores de 42 à 36, la Sierra Leone étant lanterne rouge.


ROYAUME-UNI : Projet de création d’une vaste réserve marines aux îles Pitcairn

Source : ABC radio Australia

Ces quatre îles Pitcairn, Henderson, Ducie et Oeno Islands, d’une superficie de 47 km2 sont le seul territoire britannique d’outre-mer dans le Pacifique Sud, à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et le Chili.


© internet

Bien que probablement les plus éloignées et les moins habitées, les îles de Pitcairn ont un grand projet : celui de la création de la plus grande réserve marine du monde. L’adjoint au maire de Pitcairn s’est récemment rendu à Londres pour convaincre les autorités de placer sous protection toutes les eaux autour des 4 îles, soit 836 000 km2.
Le Conseil de Pitcairn a unanimement voté en faveur de ce projet et attend le feu vert du ministère des Affaires étrangères britannique et du gouverneur de Pitcairn en Nouvelle-Zélande.

Selon ABC radio Australia, le maire de Pitcairn Mike Warren a confirmé que l’idée d’établir un gigantesque parc marin a été prise par souci de l’environnement et aussi pour attirer les touristes : « Nous vivons d’une aide budgétaire actuellement. Et notre budget dépend à 95% du Royaume Uni et ce serait bien que nous puissions nous débrouiller nous-mêmes. Et nous pensons que la création d’une zone protégée est un pas dans cette direction. Mais nous aimerions aussi protéger les eaux de Pitcairn et les trois autres îles. Si vous viviez à Pitcairn aujourd’hui, vous pourriez regarder l’océan par la fenêtre et cet océan est absolument tout bleu. Nous aimerions donc protéger ça. Nous aimerions aussi protéger les animaux, les poissons, toute la vie marine.
L’année dernière, un groupe de National Geographic est venu à Pitcairn. Ils ont pris de superbes photos sous-marines qui montrent clairement la pureté des eaux de Pitcairn et nous aimerions protéger cela. Voilà donc les deux raisons pour lesquelles nous aimerions que les eaux autour de Pitcairn soient protégées. »


© voilier coccinelle



Selon l’organisation Global Ocean Legacy : « Les eaux insulaires sont fréquentées par une faune nombreuse et variée, y compris des populations complexes de coraux durs et mous abritant des centaines d’espèces de poissons, dont deux espèces uniques au monde : le poisson-soldat et le poisson-papillon à piquants. Cet environnement préservé et isolé attire aussi des animaux migrateurs importants tels que la gracieuse tortue franche et l’insaisissable rorqual boréal. »

C’est sans doute grâce à sa très faible population (entre 50 et 55 personnes soit 9 familles) que les îles Pitcairn ont pu conserver un patrimoine marin d’une telle richesse.


BASSE CALIFORNIE : 3 échouages en 8 jours

Dimanche 13/10/2013, une monitrice de l’Institut marin de Catalina a trouvé, en apnée, la carcasse d’un poisson-ruban de 6m, appelé aussi régalec, dans la baie de l’île Santa Catalina en Basse Californie. Selon l’Institut, le régalec peut atteindre plus de 15 m, ce qui en fait le plus long poisson osseux du monde.


Régalec, Basse Californie
Régalec, Basse Californie
© Marc Bussey

Cet animal rare, en forme de serpent, a une longue nageoire dorsale de couleur pourpre et de grands yeux en forme de soucoupe.

Deux jours plus tard, à 25 miles au-delà du canal à Venice Beach, c’est une très rare baleine à bec de 5m et de 2 tonnes que l’on a retrouvée échouée. Il s’agirait d’un Mésoplodon japonais ou Ginkgo-toothed beaked whale (Mesoplodon ginkgodens) ou d’une baleine à bec de Stejneger (Mesoplodon stejnegeri).


Mésoplodon, Basse Californie
Mésoplodon, Basse Californie
© A. Shulman-Janiger

Ces cétacés ondotocètes ressemblent à de gros dauphins dont la taille varie de 4m à 12m, pour un poids de 1 à 10 tonnes. On ne connaît presque rien sur ces animaux qui vivent généralement loin des côtes, dans des eaux profondes. Il y a très peu, voire pas d’observations en mer.


Caudale du Mésoplodon (baleine à bec), Basse Californie
Caudale du Mésoplodon (baleine à bec), Basse Californie
© A. Shulman-Janiger

Le mammifère est à l’étude au Los Angeles County Museum of Natural History, et les scientifiques procèdent aux analyses de l’animal et à l’identification de l’espèce.


Mésoplodon, Basse Californie
Mésoplodon, Basse Californie
© A. Shulman-Janiger

Dave Janiger prepares to deliver the beaked whale to the Natural History Museum of Los Angeles County. Photo by Alisa-Schulman-Janiger

Le vendredi 18/10/2013, un autre régalec de 5m de long a été retrouvé échoué sur la plage près de Oceanside, en Californie, par des élèves de classe élémentaire. Les géants aquatiques vivent habituellement à plus de 1000/1500 mètres de profondeur. Selon la tradition japonaise, les pêcheurs estiment que ces animaux ont des liens étroits avec les tremblements de terre. En les retrouvant sur la plage, ils seraient comme une sonnette d’alarme prévenant d’un tremblement de terre.

En effet, selon plusieurs rapports, au cours des mois qui ont suivi le tremblement de terre de magnitude 8,8 de terre au Chili en 2010, et un an avant le tremblement de magnitude 9 de mars 2011 qui a secoué le Japon, plusieurs régalecs, appelés "Messagers du palais maritime de Dieu » en japonais, se sont échoués ou ont été capturés près de l’épicentre du tremblement de terre au large de la côte de Honshu.
On ne connaît pas la raison de ces échouages à répétition, en si peu de temps, mais on doute qu’il s’agisse d’une coïncidence. Seraient-ce des manoeuvres de la Marine au large des côtes ? Un tremblement sous-marin de la faille de San Andreas ? Des explorations off-shore en profondeur ? La destruction des fonds marins ?


Régalec, Basse Californie
Régalec, Basse Californie
© M. Bussey

Un lecteur sur la page Facebook de « ABC 10 Nouvelles » a émis l’hypothèse que la cause était les radiations en provenance du Japon », en référence au tsunami qui généré la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Les scientifiques vont tenter de trouver une explication possible. Affaire à suivre...

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FRANCE : Réunion du 3e Congrès International sur les Aires Marines Protégées (IMPAC3) à Ajaccio

Sources : Impac3.org, Le Monde

1500 personnes venant de 87 pays se sont retrouvées au 3e Congrès International sur les Aires Marines Protégées (IMPAC3) qui s’est tenu à Marseille du 21 au 25 octobre 2013. Le congrès s’est prolongé les 26 et 27 octobre, par une réunion rassemblant 19 ministres de nations représentant tous les océans du monde, autour du Ministre français de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie à Ajaccio .
Malgré les engagements pris lors de l’IMPAC2 en 2009 à Washington, les constats généraux concernant la biodiversité restent préoccupants : un nombre croissant d’espèces marines figure sur la liste rouge de l’UICN.

L’IMPAC : une histoire récente

2005 : 1re conférence internationale sur les aires marines protégées (AMP) en Australie (Geelong). C’est l’émergence des AMP comme outils essentiels pour la protection du milieu marin et pour la gestion des activités.
2009 : la National Oceanic and Atmospheric Agency (NOAA-ONMS), à Washington, organise IMPAC2. Une édition qui témoigne du rôle croissant des agences publiques dans la création et la gestion des AMP.
2013 : le congrès se tourne vers l’Europe et la Méditerranée, reconnue comme le laboratoire des AMP.

IMPAC3 : les participants ont rappelé leur engagement à atteindre les objectifs d’Aïchi de la Convention sur la diversité biologique, et notamment le n°11 qui prévoit la protection en 2020 d’au moins 10% des océans.
Pour mémoire, les objectifs d’Aïchi sont au nombre de vingt et constituent le nouveau « Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 » pour la planète, adopté par les Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) en octobre 2010. Les objectifs sont de :

  • réduire au moins de moitié, ou lorsque c’est possible à près de zéro, le taux de perte d’habitats naturels , y compris les forêts ;
  • fixer un objectif de sauvegarde de la biodiversité pour 17 % des zones terrestres et des eaux continentales et pour 10 % des zones marines et côtières. Les gouvernements s’engagent en outre à restaurer au moins 15 % des zones dégradées et feront un effort spécial pour réduire les pressions affligeants les récifs coralliens. Bref, ces objectifs datent déjà de 3 ans, et on n’ a pas avancé d’un iota, mais on se rappelle qu’il faut le faire !

Du point de vue quantitatif, en 2013, nous ne protégeons encore que moins de 3% des océans. D’un point de vue qualitatif, les objectifs d’Aïchi demandent que les aires marines protégées s’inscrivent « dans un réseau écologiquement représentatif, bien relié et efficacement et équitablement géré ». Ce qui n’est toujours pas le cas pour la totalité des moins de 3% de AMP : seuls les parcs marins, réserves et autres zones vulnérables à préserver qui disposent réellement d’un plan de gestion et de moyens suffisants peuvent faire respecter leurs réglementations sur et sous l’eau.

Pourtant les ministres se plaisent à rappeler que « La santé des océans est essentielle pour le maintien de la vie sur l’ensemble de la planète », mais que font-ils ?
« La mer n’est pas éternelle, la réglementation de la Haute Mer est donc inévitable », a expliqué le député de Haute-Corse Paul Giacobbi (PRG), président du CA de l’Agence française des aires marines protégées. Certes, et alors ?

Pour créer et gérer des aires marines protégées en haute mer, une évolution substantielle du contexte juridique est nécessaire. 64 % des océans se trouvent hors des juridictions nationales, et le statut de la haute mer est l’objet de discussions internationales. Ces espaces sont très riches en biodiversité... mais aussi en ressources fossiles et minérales. L’IMPAC appelle la communauté internationale (euh, c’est qui précisément ?) à adopter avant la fin 2014 la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies qui permettra de lancer la négociation d’un accord de mise en œuvre pour la conservation et la gestion durable de la diversité biologique marine dans les zones qui ne relèvent pas des juridictions nationales.
Une décision de plus, à venir, pour commencer à envisager de prendre des décisions applicables...et pourtant il paraît qu’il y a urgence...

Les pays ont lancé à cette occasion un appel urgent pour la préservation de la biodiversité marine et le développement accéléré d’Aires Marines Protégées jusqu’en haute mer. Et que vont-ils faire, en rentrant chez eux ? Qu’allons-nous faire en restant chez nous ?

Un résultat décevant : « paroles, paroles, paroles... »

La réunion ministérielle de clôture du congrès a adopté une déclaration commune : le Message d’Ajaccio, censé réaffirmer la volonté des états signataires de construire un réseau cohérents d’AMP, déterminées selon des critères scientifiques, et couvrant 10% des océans d’ici à 2020. Mais tout le monde n’a pas signé... Et ce sont les états les plus influents qui n’ont pas signé. Entre les Etats-Unis et le Canada qui ne souhaitent pas la mise en place d’outils internationaux de régulation, et le Japon, la Norvège, l’Islande et la Corée qui ne veulent pas que la pêche soit limitée par des quotas...

Pour sa part, la France a annoncé vouloir consacrer à des projets de protection du milieu marin, via le Fonds français pour l’environnement mondial et l’Agence française de développement, quelque 20 millions d’euros pour les deux prochaines années. Trois millions seront dédiés à la Méditerranée, 3,7 millions à l’Afrique de l’Ouest, 5,5 millions à l’Océan Indien (Canal du Mozambique et Taaf), 1 million aux Caraïbes et 6,5 millions au Pacifique. Déjà, le ministre de l’écologie a annoncé la création du parc marin du Bassin d’Arcachon.
Idées neuves
Le représentant du gouvernement des Seychelles a suggéré de troquer la dette de son pays contre la mise en place d’une vaste AMP autour de son archipel. Pourquoi pas ? On ne sait pas ce qui lui a été répondu....

Langue de bois oblige, les ministres en « appellent au dialogue avec l’ensemble des usagers de la mer et avec les acteurs de la pêche, aux initiatives de la société civile qui soutiennent les travaux scientifiques ». Ils se tournent surtout vers tous ceux qui pourraient pallier la restriction des budgets publics : Fonds pour l’environnement mondial et autres grands bailleurs. Ils comptent en outre sur des « partenariats innovants avec le secteur privé ». Mais qui disposent de fonds suffisants ? Pas les ONG de défense de l’environnement....
Et quelles seront les contreparties offertes à ces sponsors ? ...


FRANCE : Plus de 20.000 tonnes de bars et autres merlans pêchés par des amateurs en 2012

Source : AFP

Les pêcheurs amateurs en mer sont 1,3 million en France, et ils n’ont rien à envier aux performances des professionnels : en 2012, ils capturé quelque 20.400 tonnes de poissons et crustacés, principalement du bar, indique lundi une étude de l’Ifremer.
Sur ces captures, les trois quarts ont été gardées (le reste est remis à l’eau), « soit 5% des prélèvements de la pêche professionnelle, dont la production est estimée à 310.000 tonnes », souligne l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.
A raison de 9 millions de sorties de pêche par an, à bord d’un bateau ou du bord, les pêcheurs dits « récréatifs » ont surtout capturé des bars (3.200 tonnes), suivi du maquereau, du lieu jaune, de la seiche, du merlan et des dorades.
D’après cette étude menée entre 2011 et 2013, le pêcheur type est un homme (73%), âgé de 40 à 64 ans (plus de la moitié d’entre eux). Il s’adonne surtout à son hobby l’été, et dépense en moyenne 146 euros par an pour son équipement et 1.000 euros par an pour son embarcation (seuls 25% des pêcheurs en possèdent une).
Cette étude a été menée par l’institut de sondage BVA, par téléphone, dans 16.000 foyers en France métropolitaine et un panel de 180 pêcheurs récréatifs en mer.


FRANCE : l’ourse Hvala et ses oursons nés en 2013 dans les Pyrénées

Source : Equipe Ours - Réseau Ours Brun

Enfin une bonne nouvelle et une jolie vidéo de l’ourse Hvala et de ses 2 petits filmés le 17/10/13 : on se rappelle tous de Baloo qui se frotte à un arbre dans le Livre de la jungle ...

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AGENDA

Mercredi 04/12/13 : journée internationale du guépard
Grâce à Laurie Marker et au Cheetah Conservation Fund (CCF), l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a déclaré le 4 décembre « Journée Internationale du Guépard ». Le guépard est le plus rapide et le plus ancien des grands félins. Il a survécu à 3 millions d’années de glaciations et de périodes de réchauffement climatique. Sa survie est pourtant plus menacée que jamais en raison des conflits qui l’opposent à l’homme et de la destruction de son habitat.


Deux frères guépards, Kenya
Deux frères guépards, Kenya
© M. Dupuis

Le guépard pourrait disparaître à l’état sauvage dans moins de 10 ans. Le 4 décembre est ainsi l’occasion de célébrer le guépard et d’agir, notamment en en parlant autour de soi, pour que ce félin magnifique ait une chance de rempoter la course la plus importante de son histoire : celle de sa survie. (merci à AmisFélins).

Samedi 07/12/13  : Forum sur les métiers de la mer à Paris de 10h à 18h. Entrée libre tout public. Institut océanographique « Maison des Océans » - 195, rue Saint-Jacques 75005 Paris.
Le salon proposera aux collégiens, lycéens et étudiants passionnés par les sciences océanographiques de partir à la rencontre des professionnels de la mer, à travers un large panel d’écoles et d’organismes de formations.
Plus d’informations sur :


Dernier ouvrage de Marc Giraud
Dernier ouvrage de Marc Giraud
DR

Une idée de cadeau : les livres de Marc Giraud


CARNET ROSE

COLOMBIE : un bébé Olinguito dans la Mesenia Reserve Forest

Les scientifiques ont confirmé en août 2013 qu’il s’agissait bien d’une nouvelle espèce. Gros comme un chaton, le bébé Olinguito (Bassaricyon neblina) est une espèce de la famille des Procyonidés (famille des ratons-laveurs). On l’appelle aussi lingo ou kinkajou à face pâle.

A quoi ressemble-t-il donc ?
On le confond souvent à tort avec le kinkajou ou l’olinguo. L’olinguito est omnivore et se nourrit principalement de fruits, mais aussi parfois d’insectes et de nectar.
Il demeure la plupart du temps dans les arbres et s’active surtout la nuit. Il n’a qu’un petit à la fois. Mâles et femelles sont de la même taille.
A ce jour, 19 Olinguitos ont été étudiés. Ils mesuraient de 660 à 820 mm de long.


Un bébé olinguito trouvé récemment en Colombie.
Un bébé olinguito trouvé récemment en Colombie.
© Juan Rendon

Le voilà : de la taille d’un chaton !

N’est-il pas mignon ?

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